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Crise des agriculteurs: "Malgré les annonces de Valls, on ne lâchera rien"

Malgré les annonces de Manuel Valls, les agriculteurs ne semblent pas vouloir cesser leur mouvement.

Malgré les annonces de Manuel Valls, les agriculteurs ne semblent pas vouloir cesser leur mouvement. - Thierry Zocolan - AFP

La FNSEA, premier syndicat agricole français, se réunit ce jeudi au lendemain des annonces du Premier ministre d'une baisse des charges sociales, pour décider des suites à donner au mouvement de grogne des agriculteurs. Malgré ce geste du gouvernement, la base ne semble pas décidée à stopper le mouvement.

Manuel Valls a-t-il réussi à mettre fin au mouvement de colère des agriculteurs? Rien n'est moins sûr. Le Premier ministre a pourtant annoncé mercredi "une baisse de 7 points des cotisations sociales de tous les agriculteurs", ainsi qu'une "année blanche sociale" pour les agriculteurs qui n'auront dégagé que de faibles revenus en 2015.

"Des mesures très fortes", a réagi dans la foulée le député de la Dordogne, Germinal Peiro, chargé des questions agricoles depuis plus de 15 ans au sein du parti socialiste. "Le gouvernement français fait ce qui est dans sa compétence pour essayer d'alléger les trésoreries des exploitations agricoles. La baisse de 7 points des charges sociales est une mesure très forte".

"Des mesures très fortes"

Des mesures également saluées par la FNSEA, principal syndicat agricole français, dont la première vice-présidente Christiane Lambert s'est félicitée "d'avoir obtenu gain de cause". De quoi mettre fin aux blocages et aux manifestations? Pas si sûr, si l'on en croit déjà… la FNSEA. Le syndicat a prévu de se réunir ce mercredi pour décider des suites du mouvement. Si son président Xavier Beulin a d'ores et déjà "appelé au calme", il a prévenu qu'il serait attentif aux négociations des prix avec la grande distribution.

Surtout, si l'on écoute la base, il n'est pas question de cesser le mouvement malgré les annonces de Manuel Valls. "Une baisse de 7 points des cotisations sociales, ça va me redonner 500 euros pour ma cotisation annuelle. Ça ne représente rien!", s'agace sur RMC Nicolas Leborgne, éleveur de porcs à Pluduno (Côtes-d'Armor). "Nous on veut des prix, point barre! Quand j'entends Manuel Valls qui dit : 'va falloir arrêter les manifestations les gars', il ne se rend pas compte de ce qui est en train de se passer. Ce sont des familles entières qui sont en train de se faire détruire. Qu'est-ce qu'on représente pour le gouvernement? Ils s'en foutent". Il prévient : "Je ne m'arrêterai jamais de manifester. Je continuerai jusqu'au bout, on n'a rien à perdre".

"Je ne m'arrêterais jamais de manifester"

"La mobilisation doit continuer tant que nous ne vivrons pas décemment de notre métier, exhorte également Thomas Diemer, le président des Jeunes Agriculteurs. On peut considérer que la crise n'est pas résolue. On note qu'il y a un pas supplémentaire des pouvoirs publics. C'est un effort important qui est fait, mais ce n'est pas que l'aspect des charges qui nous permettront de vivre de notre métier, ce sont aussi les prix pratiqués sur les différentes productions, et là il y a encore un travail à faire. On ne lâchera rien".

Le gouvernement n'en a certainement pas fini avec les agriculteurs, qui ont d'ailleurs d'ores et déjà prévu de se servir du Salon de l'Agriculture, qui s'ouvre dans 10 jours à Paris, comme d'une tribune.

Philippe Gril avec Jean-Baptiste Durand