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Dans le Gard, des habitants portent plainte pour avoir été contaminés par des métaux lourds

Les anciennes mines de Saint-Félix-de-Pallières ont pollué la région

Les anciennes mines de Saint-Félix-de-Pallières ont pollué la région - Capture écran Google maps

TEMOIGNAGES - Une vingtaine d’habitants du Gard, contaminés au plomb, à l’arsenic et au cadmium, ont décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, blessures involontaires et pollution de l’eau auprès du parquet du pôle santé de Marseille.

Une vingtaine d’habitants du Gard, contaminés au plomb, à l’arsenic et au cadmium, ont décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, blessures involontaires et pollution de l’eau. Au total, 46 personnes ont été contaminées. Elles vivent toutes près des anciennes mines de la commune de Saint-Félix-de-Pallières près d’Alès (Gard), fermée depuis 45 ans. Alors qu'un million de tonnes de terre a été pollué, les habitants n'ont appris qu'il y a peu que cette ancienne mine représentait un danger (elles ont appris leur contamination le 11 février dernier après que des tests ont été effectués par l’agence régionale de santé, ndlr).

"A l'époque, on jouait avec les mobylettes sur ces terres. On faisait des nuages de poussières à ne plus voir nos copains à quelques mètres de nous. C'était marrant, ça faisait des sensations", se souvient Benoît, un habitant de la région. "Aujourd'hui, les sensations sont bien différentes. On a un peu les nerfs", poursuit-il Benoît même s'il n’a pas eu le courage de faire les analyses proposées par l’Agence régionale de santé.

"On est très inquiets"

Pierre, lui les a faites, surtout pour ces deux garçons comme il l'explique à RMC. "J'ai un enfant de quatre ans positif à l'arsenic et l'autre, six ans, est positif au plomb et à l'arsenic. On est très inquiets…" Comme beaucoup Pierre et sa famille cherchent désormais à déménager. Mais pour François Simon, président de l’association des habitants, il faut avant tout procéder à des travaux. "Ce qu'on demande, c'est que cette pollution cesse. Il existe des moyens de confinement, de renforcement", assure-t-il.

"Il y a aussi des possibilités de bassin de rétention pour l'eau, peut-être aussi un traitement de ces eaux… Bref, il y a des consolidations à réaliser", ajoute-t-il. Ces habitants aimeraient que le pollueur, l’ancien propriétaire des mines ainsi que l’Etat qui aurait tardé à les informer, prennent leur responsabilités. "Je demande une enquête, qui sera faite par le parquet et le juge d'instruction du pôle de santé de Marseille, déclare Me Marie-Odile Bertella-Geffroy qui défend les intérêts des victimes. La connaissance de la pollution aurait dû faire réagir les autorités administratives et politiques".

Plusieurs cas de cancers

En attendant, Chantal, l’une des 46 victimes contaminées, assure "être sans réponse, avoir des doutes". "Avec mon mari, nous avons eu en même temps un cancer de la tyroïde, souligne-t-elle. Ce que je veux savoir, c'est jusqu'où je m'empoisonne en buvant l'eau, en faisant mon jardin, en respirant l'air ou en allant me promener. Nous avions fait un choix de vie différent, être au milieu de la nature, dans un grand respect. Mais, aujourd'hui, qu'est-ce que l'on partage? Du poison ou de la beauté?"

"J'ai choisi d'habiter ici parce que c'est la campagne, qu'on peut aller directement dans la rivière où il y a des hérons et des castors. C'est un petit paradis avec de l'eau dans laquelle vivent des écrevisses. On a donc toujours pensé que l'eau était très propre. Ce qui n'est pas le cas, se désole Marianne, qui habite Anduze à moins de 10 kilomètres des anciennes mines. Il n'y avait pas de pancarte nous disant que l'eau était polluée. Mon fils a eu un cancer vers 15 ans, il en a maintenant 22. J'espère que tout ira bien…"

Maxime Ricard avec Lionel Dian