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Débat sur l'Islam : attention au dérapage

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Le débat lancé par le Président divise l'UMP. Certains craignent qu'il ne «blesse les compatriotes musulmans», d'autres qu'il «affaiblisse la laïcité». Ce qui est certain, c'est qu'il devra être «très cadré» pour éviter le dérapage.

L'UMP affiche sur le sujet de fortes divisions internes. Le président du Sénat Gerard Larcher craint un « débat mal préparé où la laicité serait affaiblie ». Alain Juppé exige un débat « cadré ». Patrick Devedjian craint une « discussion désastreuse qui blesserait nos compatriotes musulmans ». Et la liste s'allonge. Bruno Le Maire, Rachida Dati, ou encore Christine Boutin.

« Ce débat constitue un grave danger »

La présidente du Parti chrétien-démocrate et ancienne ministre du logement estime sur RMC que ce débat constitue « un grave danger. Au lieu de rassembler les Français, on attribue à la population de religion musulmane la cause de toutes les difficultés. Pour certains d'entre eux, on laisse à penser que ce serait des terroristes. Ce n'est absolument pas l'orientation vers laquelle il faut aller ».
Ces personnalités de droite sont vent debout contre ce qui est pour eux une fausse bonne idée. Tous sont refroidis par le fiasco du débat sur l'identité nationale, lancé en 2009 par Eric Besson pour contrer la montée du Front National. Résultat, celui-ci avait effectué une remontée spectaculaire aux régionales de mars 2010. Et actuellement, Marine le Pen est créditée de 20% d'intentions de vote..

Novelli: « Il y a un débat en France sur ce thème »

Mais Nicolas Sarkozy ne cèdera pas: il veut absolument (re)lancer le débat. Il espère toujours enrayer la montée du FN, et veut graver dans le marbre son idée d'« Islam de France », à la place d'un « Islam en France ».
A l'UMP, c'est l'ancien secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, qui est chargé d'organiser le débat. Interrogé vendredi matin dans Bourdin 2012 sur RMC, il justifie la nécessité de soulever la question de l'Islam. « C'est une religion qui s'est installée dans notre pays après la loi de 1905 [NDLR: sur la laïcité]. Elle en est aujoud'hui la deuxième religion. Nous devons réguler et clarifier sa place. Il y a le nombre de lieux de culte, la formation des imams, les prêches qui ne sont pas en Français... Il y a un débat en France sur ce thème ».

Au lieu d'un débat, ne peut-on pas faire appliquer la loi ?

A y regarder de plus près, la France dispose déjà de tous les « outils » nécessaires pour répondre à ces questions. Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a été créé pour gérer, entre autres, la formation des imams. Quant aux prières de rues, elles sont tout simplement interdites pour motif d'ordre public.
Seul point qui ne donne pas de solution satisfaisante: le financement des mosquées par l'argent public. La loi de 1905 l'interdit.
Le débat est donc dangereux. Pour beaucoup, il conviendrait de laisser à Dieu ce qui est à Dieu, et à la République ce qui est à la République.

Écoutez ci-dessous « Le réveil de la politique » du vendredi 25 février 2011, avec Véronique Jacquier et Alexandre Le Mer sur RMC.

« Débat sur l'Islam : attention au dérapage. »

La Rédaction et V. Jacquier