RMC

Débat sur la fin des notes à l'école: "Avec les couleurs on comprend mieux"

Le débat sur la fin des notes à l'école est de retour

Le débat sur la fin des notes à l'école est de retour - DAMIEN MEYER / AFP

Une conférence nationale de l'évaluation se tient de jeudi à vendredi en vue de remettre un rapport à Najat Vallaud-Belkacem ministre de l'Education nationale en janvier. L'enjeu étant de savoir par quoi remplacer les traditionnelles notes sur 20, RMC s'est donc rendue dans deux établissements scolaires qui ont déjà renoncé à ce système de notation.

Faut-il supprimer les notes à l'école ? Si oui, comment mieux évaluer les élèves ? Tels sont les enjeux de la conférence nationale réunie jeudi et vendredi à Paris. Experts, scientifiques, équipe de terrain … débattront devant un jury qui remettra ses conclusions en janvier à Najat Vallaud-Belkacem. La ministre de l’Éducation nationale devra alors annoncer ses choix en matière d’évaluation, dont l’application est envisagée pour la rentrée 2016. Et qui concernera tout de même 12 millions d’élèves et 800 000 enseignants.

Toucher à l'évaluation est un sujet très sensible sur lequel les études et les avis divergent. Mais certains établissements n'ont pas attendu l'actuel débat pour mettre en pratique un autre système de notation. Ainsi, comme l'a constaté RMC, c'est le cas au collège Budé, dans le 19ème arrondissement de Paris. Ici, les notes sur 20 ont été remplacées depuis quatre ans, dans les classes de 6ème et 5ème, par un code couleur comme l'explique Ishem, élève de 6ème : "Rouge, c'est mauvais. Orange, c'est moyen. Vert clair, c'est en cours d'acquisition et vert foncé c'est acquis".

"Plus de confiance et moins de stress"

S'il avoue avoir régulièrement des "oranges, des verts foncés et clairs", Ishem assure qu'"avec les couleurs on comprend mieux" notamment grâce "à un tableau où il est indiqué à quoi cela correspond". Mais ne pas avoir de notes sur sa copie ne satisfait pas vraiment Sokona, une de ses camarades de classe. "C'est un peu dur de savoir quelle note on a et réussir à connaître dans quelle matière je suis la plus forte."

Sur RMC, Thomas Baudie, leur professeur de Français, justifie l'abandon des notes sur 20 : "Le système de notes peut manquer aux élèves car il propose une vision simpliste de leur travail. Et en fait quand on s'en va avec un 5/20, on est très malheureux. En revanche, quand on s'en va avec un certain nombre de petites couleurs sur un texte, on ne peut pas éviter l'idée qu'il y a des choses à revoir". Et celui-ci d'assurer que cela amène "plus de confiance et moins de stress et en réalité plus d'exigence".

"Ce n'est pas un produit miracle"

Jérôme Mousseau, professeur de SVT dans cet établissement, estime qu'"au bout d'un moment la note finit par être la valeur d'un individu, d'un élève et n'a aucune valeur formative car elle ne donne aucun résultat en termes de progression sauf pour les élèves dits scolaires". Pour lui, le système des couleurs n'est pas forcément "un produit miracle mais il est qualitatif car il permet de dire simplement : c'est correct, c'est vert ou cela ne l'est pas, c'est rouge".

A noter que, dans ce collège comme dans les autres, à partir de la 4e, les copies colorés laissent la place aux notes pour préparer le brevet.

Maxime Ricard avec Amélie Rosique