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Décollage de Solar Impulse 2: "On a inventé le vol perpétuel"

L'avion Solar Impulse 2 a décollé lundi matin d'Abou Dhabi pour un tour du monde sans précédent, à la seule énergie solaire, dans le but de promouvoir les énergies propres et tester l'endurance des pilotes. Explications et témoignages.

Le Solar Impulse 2 a pris son envol. Cet appareil révolutionnaire a décollé ce lundi matin d'Abou Dhabi pour un tour du monde, sans une goutte de carburant ! Cet avion, bijou de technologie, marche en effet à l'énergie solaire. Objectif de cette prouesse historique : prouver qu'on peut continuer à voler, tout en luttant contre le réchauffement climatique. Une performance en douze étapes et censée durer cinq mois, commentée, à quelques heures du décollage, par Bertrand Piccard, l'un des deux pilotes suisses (avec André Borshberg, ndlr) à se relayer dans le cockpit.

"Nous sommes très ambitieux par rapport à notre but mais très modeste en revanche devant l'immensité de la tâche, assure-t-il à RMC. Solar Impulse 2 est parti en direction de l'est et la première étape a été fixée à Mascate, capitale du sultanat d'Oman, où l'avion devrait arriver en fin de journée. Ce trajet de quelque 400 km devrait durer 12 heures. "Le pilote étant la seule limite, nous avons des atterrissages pour pouvoir en changer. André fait donc la première étape jusqu'à Oman et demain matin c'est à mon tour d'être aux commandes pour aller jusqu'en Inde", rapporte Bertrand Piccard dans Bourdin Direct.

"C'est un avion solaire capable de voler la nuit"

Mais il tient à préciser que techniquement "l'avion, en lui-même, pourrait rester en l'air pendant des mois. En effet, il recharge ses batteries pendant qu'il vole la journée grâce à ses panneaux solaires. Les batteries sont utilisées pour passer la nuit jusqu'au lendemain matin et ainsi de suite". Et pour Gil Roy, journaliste spécialisé dans l'aéronautique, la particularité de Solar Impulse 2 est bien ici. En effet, ce n'est pas la première fois qu'un avion solaire vole, mais jusque-là un engin ne tenait pas plus d'une journée dans les airs. "La nouveauté c'est que c'est un avion solaire qui est capable de voler la nuit. On a donc inventé le vol perpétuel", s'enthousiasme-t-il dans Bourdin Direct.

Si l'autonomie du Solar Impulse 2 bat donc tous les records, Gil Roy cible sa seule limite: "le pilote. Car il ne peut rester que 5-6 jours en vol, au-delà ce n'est pas envisageable". A noter que ce tour du monde en 12 étapes est l'aboutissement de 12 années de recherches menées par les deux pilotes qui, outre l'exploit scientifique, cherchent à véhiculer un message politique. Une performance qui réjouit d'autant plus Bertrand Piccard car il estime que "le tour du monde est le vol ultime. Vous en pouvez pas faire mieux qu'un tour du monde".

M.Ricard avec Judith Chetrit