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Dépénalisation du cannabis: "La répression actuelle n'est pas une solution"

Le débat sur la dépénalisation du cannabis est relancé

Le débat sur la dépénalisation du cannabis est relancé - AFP

REACTIONS – Invité de BFMTV ce lundi, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, a relancé un vieux débat en estimant que la dépénalisation du cannabis méritait "d'être discutée". Une prise de position défendue ce mardi sur RMC par d'autres politiques.

Légaliser ou non le cannabis? Le débat est vieux comme le monde. Et à chaque fois qu'il est remis sur la table, il entraîne de vives réactions. Et les propos de Jean-Marie Le Guen, médecin de formation, ce lundi soir sur BFMTV, n'échappent pas à la règle. En estimant que "la prohibition du cannabis en France mérite d'être discutée", le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement a jeté un pavé dans la mare.

"Plus il y a de répression, plus y a de consommation"

Pour ce proche de François Hollande, il ne s'agit donc pas d'approuver la consommation de cannabis, mais de d'améliorer la prise en charge les consommateurs. Une position défendue par Bertrand Dautzenberg, professeur de pneumologie et spécialiste des addictions, pour qui la légalisation du cannabis est une question de bon sens. "L'arrêt du cannabis passe plutôt par une intégration dans la société que par une exclusion", estime-t-il sur RMC.

Et d'ajouter: "La répression actuelle n'est pas une solution. Plus il y a de répression, plus y a de consommation". Or, selon lui, "la dépénalisation qui existe par exemple au Portugal permet de prendre en charge tous les gens qui consomment mais aussi de diminuer tous les trafics". De même, pour le député socialiste des Hauts-de-Seine, Alexis Bachelay, Jean-Marie Le Guen a fait une proposition tout à fait logique compte tenu de la réalité du terrain.

"Le tout répressif ne fonctionne pas"

"La prohibition et le tout répressif ne fonctionnent pas ni dans notre pays, ni dans les autres pays qui ont mené des politiques similaires, argumente-t-il dans Bourdin Direct. Si on légalisait la consommation, on pourrait avoir un contrôle de qui vend ces produits. On pourrait également prélever des taxes dessus". Alexis Bachelay souligne aussi qu'"en plus des dégâts sanitaires et de la criminalité que cela génèrent et financent, c'est aussi un coût pour la police et la justice qui passent un temps non négligeable à courir derrière les dealers".

Hervé Gatignon, le maire écologiste de Sevran, est lui aussi pour la dépénalisation. Pour lui, il s'agit de la seule réponse globale pour un combat de santé publique et une lutte contre la délinquance. "Dans ma commune, nous avons eu énormément de problèmes liés au trafic. Des gens mourraient en ville à cause de ces trafics, ces règlements de compte entre bandes. Et malgré un vrai travail de police effectué, le problème n'a pas été réglé, éradiqué", indique-t-il. C'est pourquoi, il considère que "travailler à la sortie de la prohibition, c'est faire en sorte de ne plus avoir dans les quartiers cette délinquance, ces structures mafieuses qui traumatisent des populations. C'est donc tout cela qu'il faut aujourd'hui déstructurer et combattre".