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Des policiers belges arrêtés par des policiers français pour "aide à l'immigration illégale"

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- - Philippe Huguen - AFP

Deux policiers belges ont été interpellés et entendus pendant quatre heures par leurs homologues français après avoir franchi la frontière avec un camion transportant 13 migrants, mardi soir, dans le Nord. Une garde à vue qui agace au plus haut point nos voisins belges.

Des policiers belges entendus par des policiers français pour "aide à l'immigration illégale" ! Mardi soir, deux policiers belges ont été interceptés par leurs homologues français, près de la frontière à Nieppe, dans le Nord. Ils conduisaient une camionnette de la police belge avec à l'intérieur une dizaine de migrants syriens et irakiens interpellés en Belgique.

L'histoire commence quelques heures plus tôt. Mardi matin, à la frontière côté belge, un chauffeur de poids lourds signalent à la police locale la présence de 13 migrants dans son camion. Le groupe est alors arrêté, puis installé dans une camionnette de la police belge en vue de son expulsion, car depuis le début de l'année, les autorités belges reconduisent systématiquement les migrants à la frontière. Sauf que mardi, la camionnette belge pénètre sur le territoire français.

Quelques mètres seulement, assure-t-on côté belge. Suffisant en tout cas pour que la police française intervienne. Les migrants sont débarqués et les deux policiers invités à s'expliquer. Entendus pendant près de quatre heures, les deux policiers belges ont expliqué qu'ils reconduisaient ces clandestins en France à la "demande de leur hiérarchie".

"Ils ont commis quelque chose d'illégal sans même le savoir !"

Une première qui agace sérieusement la Belgique. Agacée parce que, comme le précise un responsable de la police belge joint par RMC, "ces collègues n'avaient pas à être traités comme des délinquants".

"Soit c'est un responsable policier qui a voulu s'amuser au détriment des collègues belges - ce serait dommage parce que c'est surtout l'image de la police française qui en souffre et ça mériterait en tout cas une enquête interne -. Soit il y a des espaces vides en termes juridiques dans le protocole d'accord entre les deux ministres de l'Intérieur français et belges et donc nos collègues policiers belges en territoire français auraient commis quelque chose d'illégal sans même le savoir !", s'agace Vincent Gilles, président national du syndicat SNSP police en Belgique. En tout cas, cela ne les a pas fait rire du tout, puisque le syndicat a déposé un préavis de grève d'ici la fin de la semaine pour obtenir une réaction du ministre de l'intérieur belge Jan Jambon, jugé aux abonnés absent sur cette affaire.

P. G. avec Céline Martelet