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Deux policiers condamnés à sept ans de prison pour viol: "Une erreur judiciaire" selon leur avocate

Deux policiers d'élite étaient jugés aux assises à Paris à partir de ce lundi, accusés d'avoir violé une touriste canadienne dans les locaux de la police judiciaire parisienne.

Deux ex-policiers du 36 Quai des orfèvres ont été condamnés jeudi à sept années d'emprisonnement par la cour d'assises de Paris pour le viol d'une touriste canadienne dans les locaux de la police judiciaire parisienne en avril 2014. 

Les deux hommes, deux anciens policiers de la prestigieuse BRI (brigade de recherche et d'intervention), ont été emmenés menottes aux poignets, la tête couverte d'un manteau. Ils dormiront jeudi soir en prison. Leurs avocats ont annoncé qu'ils feront appel du verdict "dès demain (vendredi) matin", et demanderont leur remise en liberté. 

Emily Spanton et les deux fonctionnaires se sont rencontrés le 22 avril 2014 dans un pub, situé en face du "36". L'ambiance était au flirt et l'alcool coulait à flot. Ils s'étaient ensuite rendus au siège de la police judiciaire. A 00H40, à son arrivée devant le célèbre bâtiment, la jeune femme, alors âgée de 34 ans, marchait en titubant, était joyeuse. Mais à 02H00, en état de choc, elle dénonçait un viol collectif. Les accusés ont toujours clamé leur innocence. 

La cour a mis en avant "les déclarations constantes" de la victime. Elle a en revanche jugé que les accusés avaient fait des "dépositions évolutives, fantaisistes, peu crédibles". Le jury a aussi été "convaincu par l'ensemble des éléments scientifiques et techniques", dont les expertises ADN et les analyses de la téléphonie. Le président a notamment évoqué le SMS de Nicolas Redouane à un collègue, dans lequel il écrit: "Ca est une touseuse (partouzeuse, ndlr). Dépêche".

"C'est une décision juste qui a été rendue ce soir", s'est réjouie Sophie Obadia, l'avocate d'Emily Spanton. "La cour a considéré qu'Emily Spanton n'avait pas menti, qu'elle n'est pas mythomane et elle a fondé sa décision sur les éléments objectifs de ce dossier." Emily Spanton, qui a refusé de parler aux journalistes, "est très émue et soulagée", a indiqué son avocate.

Au contraire, Anne-Laure Compoint, l'avocate d'Antoine Quirin, a dénoncé "une erreur judiciaire". En appel, "on redébattra de ce dossier dans un climat beaucoup plus serein, et je l'espère beaucoup plus honnête", a-t-elle déclaré. "Je ne suis pas fière de ce qu'a fait l'institution judiciaire", a ajouté l'avocate, qui mercredi, dans sa plaidoirie, avait estimé qu'il n'y avait "pas de certitude" dans ce dossier.

La rédaction de RMC