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Bourse: une année noire pour le CAC 40 en 2022, est-ce le bon moment pour entrer sur le marché?

L’heure du bilan a sonné pour la Bourse de Paris. A la clôture de l’année, le CAC 40 a perdu 9,5% de sa valeur, une performance que l’on n’avait pas vu depuis 2018. Dans ce contexte d’inflation et d’incertitude, faut-il alors continuer à investir en bourse en 2023?

L’année 2022 a eu son très grand lot de rebondissements, et notamment d’informations ne prêtant pas forcément à l’optimisme. Guerre en Ukraine, répercussions diverses du réchauffement climatique, en bref le cocktail adéquat pour provoquer un retrait des capitaux engagés en bourse.

En France, 2022 restera comme une année noire pour la Bourse de Paris. Le CAC 40, l’indice qui regroupe les quarante plus grosses sociétés françaises, a perdu 9,5% sur l’ensemble de l’année. Un repli qui signe sa plus mauvaise performance annuelle depuis 2018. Néanmoins, ce recul intervient après le fort rebond enregistré l’an passé, en sortie de crise sanitaire, de près de 29%.

Et ce n’est au final pas si désastreux tant se sont concentrés sur douze mois à peu près tout ce que détestent les marchés d’actions, à savoir tout ce qui nuit aux profits des entreprises. L’inflation galopante, l’augmentation des taux d’intérêt, l’enlisement de la guerre en Ukraine… mais Paris fait tout de même mieux que Francfort ou Wall Street!

La défense surperforme, le luxe résiste

Si moins d’un titre sur quatre du CAC 40 a terminé en hausse l’année 2022, certains secteurs s’en sortent beaucoup mieux que d’autres.

De loin, le secteur qui réalise les meilleures performances cette année est celui de la défense. L’indice de la compagnie Thalès, par exemple, a enregistré une hausse de 59%. Du côté de Safran, on se contente d’une amélioration de 8,6%.

Une autre belle performance est aussi à souligner pour les entreprises du secteur de l’énergie, qui voient elles aussi leur valeur boursière tutoyer des sommets. Le titre Total Energies a par exemple bondi de 33%.

Du côté des grands groupes de luxe français, comme LVMH ou Hermès, les titres résistent plutôt bien (entre -5% et -6%) au contexte boursier difficile. C’est toutefois plus compliqué pour les secteurs de l’automobile, de l’agroalimentaire et de la banque (entre -12% et -22%).

Des chiffres moins catastrophiques que ceux du secteur des maisons de retraite, après le scandale Orpéa. Le titre de la compagnie a massivement chuté, perdant 90% de sa valeur sur l’année écoulée, et entraînant avec lui le titre Korian.

Alors faut-il investir en bourse en 2023?

Ce constat étant fait, l’adage conseillant d’“acheter les creux” (“Buy the dips”) est-il à prendre au pied de la lettre en ce début d’année? Impossible d’être catégorique sur la question, néanmoins le contexte de cette nouvelle année devrait être un petit peu plus favorable qu’en 2022.

En 2023, il n’y aura, sans doute, pas d'événements aussi imprévus et catastrophiques qu’en 2022. Aussi, l’inflation va ralentir, et les taux d’intérêt ne monteront plus beaucoup, ou en tout cas moins sévèrement que par rapport à l’année précédente.

Alors oui, on peut raisonnablement se dire qu’on peut entrer en bourse. Mais il faut toujours se dire qu’il est préférable de privilégier les thématiques plutôt qu’un titre en particulier.

Les fonds sectoriels thématiques (plusieurs entreprises donc) de la santé ou de l’énergie sont des secteurs qui devraient être porteurs dans les mois à venir. Il est aussi possible d’acheter un "tracker" auprès de sa banque, un produit financier qui reproduit l’évolution du CAC 40.

Plus que jamais, le conseil à retenir est que l’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier : la croissance reste médiocre, les taux réglementés du Livret A vont quand même remonter. Prudence est mère de sûreté!

Emmanuel Lechypre (avec Alexis Lalemant)