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Canicule: pourquoi ça va coûter cher à l’économie française

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Emmanuel Lechypre a expliqué pourquoi les épisodes de canicule en France cette année vont coûter cher au niveau économique.

Jamais la canicule n’a autant affecté l’économie française que cette année... La grande canicule qui reste dans les mémoires, c’est celle de 2003: deux semaines de très forte chaleur en août, qui avait touché presque tous les départements. Et qui avait couté 0,1 à 0,2 point de croissance à l’économie française.

Et 2022, au final, pourrait être pire. Avec le mois de mai le plus chaud de l’histoire depuis qu’on mesure les températures, puis une semaine de vraie canicule en juin, la deuxième la plus intense pour un mois de juin depuis 1947. Et là, alors qu’on est en juillet, on est sur les mêmes niveaux qu’août 2003.

Or la canicule, ce n’est pas bon pour l’activité économique… 70% des entreprises sont météo-sensibles. Et globalement, la canicule a un impact négatif sur la production.

Les salariés sont moins efficaces. Selon l’OIT, la productivité peut baisser jusqu’à 50% au-delà de 33 degrés. Les secteurs les plus affectés: le BTP, les transports (trafic aérien et circulation des trains, pannes des voitures), l’agriculture et la sylviculture.

Impact négatif sur la consommation

Certains secteurs profitent de la canicule, mais pas au point de compenser ses effets négatifs, comme l’énergie au sens large (de la production d’électricité aux ventes de climatiseurs et de ventilateurs). RTE estime que chaque degré au-dessus des températures de saison provoque une hausse des besoins identique à la consommation de Bordeaux.

L’impact est négatif aussi sur la consommation. On constate en général une baisse des achats de vêtements, de produits alimentaires comme la viande, le chocolat, les surgelés, mais aussi des fruits et légumes, dont les prix flambent à cause des mauvaises récoltes.

Là encore, certains secteurs tirent leur épingle du jeu: les centres commerciaux climatisés, les cinémas... Mais l’effet global est négatif: en août 2003, la consommation des ménages avait baissé de 2,7%. Ces épisodes de canicule sont de plus en plus fréquents. Cette année, ça coûtera plus de 0.2 point sur la croissance.

Emmanuel Lechypre