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Canicule et fortes chaleurs: "La ville est devenue pathogène", alerte une médecin

C'est dans les villes que les fortes chaleurs provoquées par les canicules font le plus de dégâts alerte une médecin. Selon Anne Sénéquier, il faut repenser l'urbanisation pour limiter l'impact de ces épisodes de chaleur.

Une vague de chaleur de longue durée touche durement la France et va s'installer pendant une dizaine de jours selon Meteo France. On recensait déjà 37.4°C au Montat (Lot), 36.6 °C à Mirande (Gers) et 36.4 °C à Mont-De-Marsan et Montauban. À Paris, le pic doit être atteint lundi prochain, le thermomètre devrait afficher 37 degrés.

C'est d'ailleurs dans les villes que les fortes chaleurs risquent de se faire le plus ressentir: "Il faut se protéger de la chaleur, profiter des ventilateurs, de la climatisation. Il faut rester au maximum dans les zones d'ombrages et le meilleur endroit pour en profiter, c’est la forêt", rappelle ce mardi sur RMC Anne Sénéquier, médecin et co-directrice de l'Observatoire de la Santé à l'Iris.

"Pour les citadins, le meilleur moyen est de sortir de la ville. La ville est devenue pathogène. La canicule est l’événement météorologique qui impacte le plus la santé parmi toutes les catastrophes qui touchent les villes", déplore-t-elle plaidant pour une réorganisation des centres urbains.

"On a une uniformisation des villes à travers le monde. Il faut retrouver le savoir-faire local", explique Anne Sénéquier.

Végétaliser les toits et puiser de l'air frais dans les sous-sols

Elle plaide pour "se servir de la spécificité de la ville", citant les carrières de Paris notamment : "On se borne à les remplir pour s’élever alors qu’elles se situent à 20 mètres sous terre sont un formidable terrain d’air frais".

Anne Sénéquier estime qu’on pourrait les utiliser pour se refroidir, grâce à la construction de "puits canadiens". Le principe est simple : avec des tuyaux d’air placer au fond des carrières, on peut faire circuler cet air frais pour climatiser naturellement la ville: "Le sous-sol parisien est un véritable gruyère et on doit l’utiliser".

La médecin rappelle également que l’utilisation de la climatisation en ville entraîne une hausse de 1 degré en ressenti: "Cela empire les choses et augmente la fracture des inégalités sociales".

Pour rafraîchir la ville, elle appelle aussi, à végétaliser les toits et les façades des immeubles. Car sur les toits noirs, comme à Paris, la température peut monter à 89° en plein été, contre 29° avec un toit végétalisé.

Guillaume Dussourt