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Coupe du monde: que pèse le business du football sur le commerce mondial?

La finale de la Coupe du monde se déroulera ce dimanche entre la France et l'Argentine. L'impression d'oppulence qui règne autour de ce sport ne serait-elle qu'une goutte d'eau dans l'océan de la finance mondiale?

Le football, si on se fie aux chiffres d’audiences, et de notoriété des grands clubs et des grands joueurs, est incontestablement une des plus grandes industries de divertissement au monde.

La Coupe du monde 2018 a été regardée par la moitié de la planète. Cristiano Ronaldo possède 400 millions de fans sur les réseaux sociaux, Neymar et Messi 200 millions...

Et pourtant, le foot, c’est un business de PME, fait par des PME, qui manipule des sommes de PME.

Le chiffre d’affaires de la Fifa tourne autour de 760 millions d’euros en 2021. Pour donner un ordre d'idée, celui d’une entreprise comme Total, c’est 100 fois plus.

Le chiffre d’affaires des clubs des 5 grands championnats européens professionnels (Royaume-Uni, Italie, Espagne, Allemagne, France) c’est environ 18 milliards d’euros, peu ou prou la même somme que les paris annuels réalisés à la Française des jeux. Tout inclus, y compris les fameux droits télé.

Qui gagne de l’argent ?

Pas les télévisions en tout cas qui rentrent tout juste dans leurs frais avec les coûts des droits télé. Pas les clubs non plus: Barca c’est 1.35 milliard de dette, la Juventus 900 millions, Tottenham plus de 800.

En prenant le cas de la France, depuis une quinzaine d’années, le championnat ne fait aucun bénéfice, assurant au mieux son équilibre financier.

Une des rares activités dans laquelle la distribution de richesses se fait en faveur des salariés

La principale explication vient des investissements imposés par le principe de "ligue ouverte", c'est à dire avec des promotions et relégations en divisions inférieures

Finalement, ne gagnent de l'argent que les joueurs et quelques agents de joueurs. Mbappé c'est 130 millions par an. Le football est une des rares activités dans laquelle la distribution de richesses se fait en faveur des salariés, eux-mêmes souvent d’origine modeste, et pas en faveur des patrons, à l’instar des autres entreprises.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)