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Economie: pourquoi Airbus se porte bien malgré la faible reprise du trafic aérien

L’avionneur Airbus table sur la vente de 1.000 avions d’ici 2025. Des prévisions exceptionnelles, et ce même si le trafic aérien n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. Explications.

Chez Airbus, le carnet de commandes est bien rempli: l’avionneur français espère livrer 1.000 avions d’ici 2025. Airbus veut tourner la page de la crise sanitaire, de la paralysie du trafic aérien, oublier les 15.000 suppressions d’emplois qui avaient été programmés lors du premier confinement, en 2020. Car les affaires redécollent: au premier trimestre 2022, Airbus a multiplié ses bénéfices par trois, pour atteindre 1,2 milliard d’euros.

Des appareils nouvelle génération qui consomment moins

Pourtant, le trafic aérien n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire et la guerre en Ukraine suscite beaucoup d'incertitudes. Selon IATA, l’association mondiale des compagnies aériennes, il faudra attendre 2024 pour espérer dépasser les niveaux d’avant la pandémie.

Malgré tout, Airbus se porte très bien. D’abord parce que l’avionneur a modernisé ses avions. Les compagnies veulent acheter des appareils de nouvelle génération qui consomment beaucoup moins de kérosène. Cela leur permet de faire des économies de carburant, jusqu’à 25% sur certains avions, et de réduire aussi les émissions de CO2.

La concurrence en difficulté

Airbus profite également des difficultés de Boeing, son concurrent américain qui a traversé une crise majeure avec le 737 Max, responsable de plusieurs crashs depuis 2018. L’avion est à nouveau autorisé à voler depuis novembre par les autorités américaines, mais a été immobilisé au sol pendant près de deux ans. Ce qui a fait beaucoup de mal à Boeing en termes d’image et certaines compagnies choisissent de passer à la concurrence. La dernière en date: la compagnie australienne Qantas, pourtant client historique de Boeing, qui a annoncé en début de semaine un vaste contrat avec Airbus.

300.000 emplois directs ou indirects

Que les affaires d’Airbus aillent bien n’est pas seulement une bonne nouvelle pour l’avionneur européen. Car Airbus fait vivre des milliers de sous-traitants en France, soit 300.000 emplois directs ou indirects. Une énorme contribution à la balance commerciale française.

Stéphane Pedrazzi