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Face à l'inflation, l'Allemagne débloque un plan d'aides de 65 milliards d’euros

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré a détaillé le plan d'aides de 65 milliards d'euros du gouvernement allemand pour faire face à l'inflation.

Pour lutter contre l’inflation, l'Allemagne a décidé de débloquer 65 milliards d’euros. Une enveloppe financée en partie par une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques.

Pour faire face à l'inflation, certains Allemands vont recevoir un chèque: 200 euros pour tous les étudiants, 300 euros pour les retraités et 400 à 600 euros, sous forme d’indemnité de chauffage, pour les ménages les plus exposés. Une revalorisation des aides existantes est également mise en place. Les allocations logement seront versées à 2 millions d’Allemands, trois fois plus qu’aujourd’hui. L'équivalent de notre RSA va passer de 450 à 500 euros pour un célibataire. Enfin, tous les foyers allemands devraient bientôt avoir le droit à un prix réduit sur une certaine quantité d'électricité qui correspond aux besoins normaux.

Ces mesures seront financées en partie par une taxe sur les profits exceptionnels des entreprises énergétiques. Après l'Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, l'Allemagne décide donc à son tour de taxer les entreprises qui gagnent beaucoup d’argent grâce à l’explosion des prix du pétrole et du gaz.

Le tacle du chancelier

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a parlé dimanche des "profiteurs". Il vise les producteurs d'électricité renouvelable, principalement les éoliennes, les derniers producteurs d'électricité nucléaire, et ceux qui produisent de l'électricité avec du charbon. Tous ceux-là ont vu leurs bénéfices augmenter et seront donc mis à contribution.

Comme on est en Allemagne, on ne parle pas d’une taxe, c’est un gros mot, mais d’une contribution obligatoire. Ce qui est tout de même un peu la même chose. "Elle devrait rapporter plusieurs dizaines de milliards d’euros", a estimé le ministre des Finances, sans pouvoir être plus précis.

Plus de subvention sur l'essence

En revanche, le gouvernement allemand ne veut plus subventionner l'essence. Jeudi dernier, à minuit, au moment où est entrée en vigueur en France la ristourne de 30 centimes par litre, les Allemands ont fait exactement l’inverse: ils ont retiré la ristourne qui était en place depuis trois mois. Si bien que vendredi matin, alors que le litre de sans plomb en France pouvait descendre à 1,40 euro, le même litre en Allemagne a bondi de 35 centimes pour atteindre 2,28 euros. Et le diesel est à 2,40 euros. Autrement dit, le gouvernement a fait le choix d’aider les plus fragiles, les étudiants, les retraités, les foyers à petits revenus, mais pas les automobilistes.

Et pas non plus ceux qui prennent le train. Cet été, un billet unique à seulement 9 euros avait été mis en place. Pour 9 euros par mois, on pouvait prendre le train à volonté, sauf les TGV. La mesure coûtait trop cher, elle a pris fin le 1er septembre. A la place, le gouvernement, avec les régions, espère pouvoir instaurer un forfait unique à 49 ou 69 euros par mois…

Toutes ces annonces sont faites par un chancelier extrêmement impopulaire. Neuf mois après son arrivée au pouvoir, Olaf Scholz bat des records d’impopularité. 62% des Allemands ne lui font pas confiance. Principalement parce qu’ils sont inquiets de l’hiver qui vient.

Nicolas Poincaré