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Frais bancaires: un rejet de prélèvement coûte "17 fois plus cher en France qu'en Allemagne"

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a reçu le gouverneur de la Banque de France et la Fédération bancaire française, ce mardi. Les banques françaises se sont engagées à limiter à 2% la hausse des frais bancaires en 2023.

Depuis le début de l'été, le gouvernement appelle les banques à faire un effort sur leurs tarifs pour soutenir le pouvoir d'achat des Français. Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a reçu le gouverneur de la Banque de France et les représentants de la Fédération bancaire française, ce mardi. Cible principale: les frais bancaires. Les banques françaises se sont engagées à limiter à 2% leur hausse en 2023?

Une marge de 86%

Ces frais coûtent très cher aux Français. "Disons que les frais bancaires en moyenne, c’est 230 euros par an. Ça peut aller à plusieurs milliers d’euros pour de l’argent qui est débité à l’occasion d’incidents à répétition dans le cadre du fonctionnement du compte", explique Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir, invité d'"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story.

"Lorsque vous avez un rejet de prélèvement, en France, vous payez trois fois plus cher qu’en Belgique et 17 fois plus cher que le client allemand, pour la même procédure", déplore-t-il.

Problème: les marges. Elles sont énormes, d'après UFC-Que Choisir. "Nous, on a calculé, entre ce que ça coûte réellement à la banque et ce que vous payez. On a une dérive totale parce que la marge, elle est en gros de 86%."

"Vous changez plus souvent de conjoint que de banque"

Pourquoi ces tarifs sont-ils si élevés? "On a un vrai problème de formation des prix. En France, les prix sont libres pour tout, les services et les biens. Qu’est-ce qui régule? c’est la concurrence. Or les banques y échappent. Quand vous êtes dans une banque, vous n’allez pas changer de banque parce que la sanction qui est sur le prélèvement est trop importante".

Et pour cause, il y aurait aussi un problème de mobilité. "Normalement, il y a un service d’aide au changement de banque. En réalité, ça ne fonctionne pas. Dans une vie, vous changez plus souvent de conjoint que de banque. Ça n’est pas parce que vous aimez votre banque, c’est parce que c’est compliqué."

Quelles solutions alors? "Les pouvoirs publics étaient déjà intervenus en plafonnant, mais le plafond est tellement haut que c’est un plafond de cathédrale", se désole-t-il. Une seule solution pour lui: "L'État doit intervenir."

AB