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Hausse des prix de l'énergie: vers une vague de faillites?

Plusieurs entreprises européennes gourmandes en énergie ont déjà dû déposer le bilan à cause de la hausse des prix de l'électricité et du gaz. Si en France, le gouvernement tente d'aider les entreprises les plus énergivores, la crainte pour 2023, au moment du renouvellement des contrats, est bien réelle.

Conséquence de l’augmentation des prix de l’énergie, des sociétés industrielles européennes sont contraintes de mettre la clé sous la porte. Dernier dépôt de bilan en date, celui du fabricant de papier toilette allemand Hakle.

En effet, la fabrication du papier toilette et de l’essuie-tout nécessite beaucoup d’énergie, qui sert notamment au séchage de la pâte à papier. D’autres entreprises du secteur sont en difficulté et le risque de pénurie est réel.

Et les fabricants de papier toilette ne sont pas les seuls à être en difficulté. Au total, le nombre de faillites, tous secteurs confondus, a déjà augmenté de 26% en août par rapport à l'année précédente. Et c’est à peu près la même tendance dans tous les autres pays européens.

2023, une année qui s'annonce déjà compliquée

En France, des dispositifs sont prévus pour soulager la facture énergétique des entreprises. Le 16 mars dernier, le gouvernement, dans le cadre du Plan de résilience, avait annoncé une aide pour les entreprises électro-intensives, c’est-à-dire celles qui ont des factures gaz et électricité supérieures à 3% du CA, et celles qui subissent une baisse d’au moins 30% de leurs résultats sur un trimestre. Toutes tailles d’entreprises concernées.

Les entreprises peinant à régler leur facture d'électricité n'ont sollicité qu'à hauteur de 500.000 euros le guichet d'aides proposé par Bercy, alors que 3 milliards d'euros avaient été budgétés.

Alors est-ce que ce sera suffisant? Sans doute pas. D’abord parce que peu de secteurs en réalité dépensent plus de 3% de leur chiffre d’affaires en énergie.

Ensuite, parce que le dispositif est prévu jusqu’en décembre 2022. Or début 2023, près de la moitié des entreprises, notamment les PME, vont devoir renouveler leurs contrats d’approvisionnement. Beaucoup de patrons anticipent déjà des hausses de 30 à 50%. Ajoutez à ça le remboursement des PGE, la hausse des taux d’intérêt… 2023 s’annonce extrêmement compliqué pour beaucoup de PME.

Emmanuel Lechypre