RMC

Prix de l'électricité: les stations de ski s'alarment et craignent pour leur avenir

Crise sanitaire, manque de neige et maintenant hausse des prix de l'énergie: les stations de ski sont en danger. Le seul coût des remontées mécaniques pourrait ne pas être supportable avec un prix de l’électricité multiplié par 20. Une rencontre entre les professionnels du secteur et les ministères est organisée mardi 6 septembre 2022.

Les difficultés s'enchaînent pour les stations de ski. Après la crise sanitaire et le manque de neige, c'est désormais la hausse des prix de l'énergie qui pèse sur le secteur. Les professionnels sont fortement inquiets alors que certaines stations ne pourront peut-être pas ouvrir si rien n'est fait.

Le seul coût des remontées mécaniques pourrait ne pas être supportable, avec un prix de l’électricité multiplié par 20 actuellement par rapport aux années précédentes.

"On se rend compte qu'avec un prix de l'énergie qui est passé de 50 à 1.000 le mégawattheure, on aura toutes les peines du monde à faire fonctionner notre industrie du ski", s'inquiète Jean-Luc Boch, maire de La Plagne et président l’association des maires de station de montagne.

150 euros le mégawattheure?

Le secteur tire la sonnette d'alarme. "Nous souhaitons avoir une discussion sérieuse avec les ministères pour avoir un prix de l'énergie qui soit, maximum, à 150 euros du mégawattheure. Au-delà, nous perdrons des stations de sports d'hiver", ajoute-t-il.

Les remontées mécaniques sont le coeur des stations. Alors si elles ferment, tout le secteur est en péril.

"Une fermeture, même temporaire de la station, c'est une catastrophe", affirme Sacha Fosse-Parisis, qui tient un hôtel de 80 chambres dans la station des Orres (Hautes-Alpes).

Le délestage "inimaginable" à la montagne

Afin de faire face à la tension autour de l'énergie, des actions de délestage ont été évoquées. Impossible pour le gérant. "La notion de délestage aussi, elle est compliquée, quand vous êtes à la montagne. Quand il fait -10 degrés dehors et que vous devez délester, ne serait-ce que pendant quelques heures, la température de l'hôtel va chuter de plusieurs degrés. Économiquement et d'un point de vue client, c'est inimaginable."

120.000 emplois dépendent de l'industrie de la montagne. Une rencontre avec les différents ministères aura lieu ce mardi pour tenter de trouver une solution.

Lionel Dian (édité par Astrid Bergere)