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Immobilier: les jeunes attirés par la pierre

Malgré le contexte économique morose et des prix toujours plus élevés, l’immobilier a encore le vent en poupe chez les jeunes.

Année après année, on se pose la question de savoir si les jeunes ont la même vision de l’immobilier que leurs aînés ou pas. Est-ce que, par exemple, ils considèrent qu’être propriétaire a moins de sens, qu’il vaut mieux être davantage mobile ou miser sur d’autres actifs. Mais finalement, la pierre ne perd pas de son attrait auprès des jeunes générations.

Un nouveau sondage d’OpinionWay pour Orpi vient le confirmer. Près de 70% des moins de 35 ans privilégient l’immobilier, en premier,pour se constituer un patrimoine. Cela reste le placement préféré des jeunes. Et les trois quarts d’entre-eux perçoivent l’immobilier comme un placement rassurant, rentable et toujours d’avenir. Autre donnée intéressante: la moitié des moins de 35 ans estime qu'être propriétaire est une preuve de réussite personnelle. Mais 4 jeunes sur 10 considèrent que l’immobilier est devenu inaccessible.

Une bascule autour des 30 ans

Début 2021, près de 20% des moins de 30 ans étaient propriétaires d’un logement, que ce soit leur résidence principale ou un autre bien. Pour ceux qui ont entre 30 et 39 ans, il y a un peu plus de la moitié de propriétaires. Et ce taux de détention augmente progressivement avec l’âge, ce qui est assez logique.

Il faut bien comprendre que c’est souvent autour de 30 ans que se fait la bascule. Les jeunes ont fini leurs études, ils trouvent un travail stable voire commencent à fonder une famille. Donc c’est assez normal de les voir commencer à acheter leur premier bien.

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Un tournant depuis 2018

Contrairement à une idée reçue, la part des propriétaires chez les jeunes avait tendance à progresser depuis 2010. Pour résumer: malgré la flambée des prix, la baisse des taux leur avait permis de devenir propriétaire.

Ce n'est plus forcément le cas. Il y a un vrai tournant car depuis 2018, la part des jeunes propriétaires baisse, alors que cette part reste stable chez leurs aînés. Ce n’est pas énorme mais le mouvement est assez net. Les prix ont grimpé trop vite et il est probable que la situation ait largement empiré depuis janvier.

En effet, les taux remontent très vite, ce qui diminue la capacité d’emprunt, tandis que les prix continuent de progresser dans la plupart des villes, sauf à Paris. De plus, les banques vous demandent des apports de plus en plus gros.

Un décrochage dans les milieux populaires

Et puis, il y a un phénomène moins visible: un vrai décrochage chez les jeunes des milieux populaires. C’était déjà le cas depuis le début des années 1990. En effet, le nombre de propriétaires progresse fortement chez les jeunes ménages les plus aisés depuis 30 ans mais il diminue nettement parmi ceux de cette génération qui font partie des 25% les plus pauvres.

Pour les autres, c’est globalement plutôt stable sur la période. Donc quand on parle des jeunes qui veulent acheter, il y a en fait des réalités très différentes derrière et pour certains d’entre eux malheureusement, c’est un rêve de plus en plus inaccessible.

Jean-Louis Dell'Oro (avec MM)