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Info RMC: L'Etat veut privatiser pour 10 milliards d'euros d'ici 2017

La mesure pourrait passer sans débat public grâce à l'article 43 de la loi Macron. Thomas Guénolé dénonce un plan du "trio Hollande-Valls-Macron".

La mesure pourrait passer sans débat public grâce à l'article 43 de la loi Macron. Thomas Guénolé dénonce un plan du "trio Hollande-Valls-Macron". - Stéphane de Sakutin

Le gouvernement compte vendre 10% des actions qu'il possède dans différents groupes, notamment Orange, révèle Thomas Guénolé. La mesure "mériterait un débat public", estime-t-il.

Plutôt que de réduire le déficit public à travers des réformes structurelles peu populaires, l'Etat s'apprêterait à vendre "une partie significative de ses participations" dans de nombreuses entreprises, pour 10 milliards d'euros, selon des informations de Thomas Guénolé. "C'est vendre les bijoux de famille pour faire des cadeaux", tâcle le politologue, chroniqueur de RMC, qui dénonce une politique "clientéliste".

La mesure permettrait en effet de satisfaire Bruxelles à court terme, sans avoir à faire des réformes dures à justifier, alors que les élections de 2017 approchent. "Il s'agit d'un plan concocté par le trio Hollande-Valls-Macron", résume le chroniqueur. "Les visites du président et du Premier ministre en Chine et au Qatar sont en réalité des voyages VRP, pour préparer les ventes de ces actions", accuse-t-il.

85 milliards d'euros de déficit public en 2014

La somme représente 10% du capital détenu par l'Etat dans des entreprises, avec "Orange en première ligne". Pourtant, la vente pourrait se faire sans débat public. "L'article 43 de la loi Macron permet d'effectuer cette vente sans être gêné aux entournures", explique Thomas Guénolé. Cet article, passé inaperçu lors du passage de la loi, ratifie une ordonnance qui réforme le statut des entreprises dont l'Etat détient une partie du capital. 

En 2014, le déficit public a été de 85,56 milliards d'euros, soit une hausse de 10,69 milliards d'euros par rapport à 2013. En validant le budget de l'Etat à la fin du mois de mai, la Cour des comptes a souligné l'aggravation du déficit, lié à une baisse des recettes fiscales pour la première fois depuis 2009.

J.S