RMC

"Impossible à maîtriser": les bouchers manifestent face à la hausse du prix de l'énergie

Des bouchers des quatre coins de la France sont attendus à Paris, ce mardi, pour une manifestation historique dans ce secteur. Ce rassemblement a lieu la veille d'une rencontre entre la profession et la ministre des PME, Olivia Grégoire. Objectif: alerter sur l'explosion des prix de l'énergie qui les mettent largement en difficulté.

C'est une manifestation historique pour la profession, la première depuis plus de 20 ans. Des artisans-bouchers de tout l'Hexagone ont prévu de se rassembler ce mardi de 11h à 13h, en tablier, devant l'Assemblée nationale.

Un mouvement initié à la suite des hausses des coûts de l'énergie, qui les mettent en difficulté. La Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a sondé ses adhérents et selon elle 38,5% des entreprises du secteur ne bénéficient pas du bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement pour les TPE (pour fin 2022).

Pourtant, pour ces professionnels, il n'y a pas le choix. Des pièces comme la chambre froide doivent obligatoirement être allumées. "Il y a des carcasses qu’on est obligés de garder au frais et ça, ça consomme énormément. On a un petit rayon surgelé aussi qui tourne 24h sur 24", explique Mohamed Kilouli, boucher à Meudon (Hauts-de-Seine).

Une facture de 250 à 1.200 euros

Sa facture d'énergie ne cesse de grimper et il l'admet, il n'a pas entendu parler des aides. "J’ai commencé à peu près à 250 euros sur les deux mois, aujourd’hui on est passé à 1.200 euros", ajoute-t-il.

Une situation difficile car il faut décider si les hausses de prix sont répercutées sur les produits ou pas, au risque de perdre de la clientèle. Pire encore, le coût des énergies n'est pas le seul à augmenter.

"On est sur une grosse flambée notamment sur le filet de poulet. Depuis deux ans, on est pratiquement à + 35%. On répercute un peu: sur le filet de poulet, j’ai augmenté seulement de deux euros le kilogramme", affirme Mohamed Kilouli.

La profession reçue par la ministre

En 2023, un mécanisme d'amortissement sur le prix de l'électricité sera lancé, mais les compensations démarrent à 325€ du kWh, un prix jugé trop élevé. Pour la CFBCT, cela ne va pas assez loin.

"Le coût de l’énergie est quelque chose qui est impossible à maîtriser d’où la nécessité de plafonner les coûts comme l’ont fait l’Allemagne, le Portugal et l’Espagne", demande Patrick Gimonet, le directeur de la Confédération.

Selon les informations de RMC, le gouvernement est prêt à ajuster ce mécanisme de compensation, pourquoi pas en baissant ce plafond. Des bouchers seront d'ailleurs reçus par Olivia Grégoire, ministre des PME, mercredi midi.

En attendant, les professionnels sont appelés à éteindre symboliquement leurs lumières de 11h à 13h, ce mardi.

AB avec Martin Cadoret