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"L'inflation va se poursuivre": les prévisions de Michel-Edouard Leclerc pour les mois à venir

Michel-Edouard Leclerc, le président du comité stratégique des centres Leclerc, était l'invité de RMC-BFMTV ce mercredi. Il estime que l'inflation va s'aggraver en mai, juin, juillet, et espère que ça se calmera à la fin de l'année.

L'inflation continue de grimper en France, même si elle reste moins forte que dans le reste de l'Europe. 5.2% en 2022 sur un an. Mais ça touche particulièrement le panier alimentaire avec 12.6% de hausse des prix en décembre. Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, avait agacé la majorité et le gouvernement, qui estimait qu'il livrait des prévisions trop pessimistes. Invité de RMC-BFMTV ce mercredi matin, il n'est toujours pas très optimiste pour la suite.

"L'inflation va se poursuivre à ce rythme et peut-être même de manière plus compacte encore car entre mars et juin, car on est actuellement dans les hausses de prix négociées l'année dernière", explique-t-il.

"On (la grande distribution) a tardé à répercuter nos hausses de coûts d'exploitation et même celle des fournisseurs. Car on voulait rester moins chers, et notre concurrence freine la hausse des prix," explique Michel-Edouard Leclerc.

"Je ne peux pas dire n'importe quoi"

Il "espère" la signature à partir de mars de nouveaux accords sur les prix qui sont en cours de négociation avec les industriels.

"J'ai la vision de ce qui est en train d'arriver, on est en train de négocier pour que ce ne soit pas cette vision-là, et il y aura des hausses en fonction, en mai-juin-juillet, et après j'ose espérer que ce soit plus calme".

Le ministre de l'Economie veut croire que l'on sera à une inflation de 2.5% à la fin de l'année, mais Michel-Edouard Leclerc n'irait pas jusque-là.

"On m'a beaucoup tapé dessus, des institutionnels, des politiques, qui me reprochaient mon pessimisme. Bruno Le Maire disait qu'il ne faut pas que j'attise l'angoisse des Français. Je comprends qu'il faut qu'on ait l'air moins inflationnistes que nos collègues européens, ce qu'on est d'ailleurs. Mais la hausse des prix se fait partout, j'ai un contrat de confiance avec mes consommateurs depuis longtemps, je ne peux pas dire n'importe quoi", explique-t-il.

J.A.