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Polémique autour de l'ISF de Macron: "Beaucoup de gens veulent sa peau. On veut le tuer"

REACTIONS - Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, va devoir payer de façon rétroactive l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), des vérifications menées par le fisc ayant conduit à réévaluer le patrimoine de son couple selon Mediapart et Le Canard enchaîné.

Emmanuel Macron en délicatesse passagère avec le fisc. Le ministre de l'Economie est au cœur d'une polémique concernant son ISF, impôt de solidarité sur la fortune. Selon des informations publiées dans Mediapart et Le Canard enchaîné ce mardi, l'hôte de Bercy va en effet devoir payer de façon rétroactive cet impôt. Entré au gouvernement en août 2014 après avoir occupé pendant deux ans le poste de secrétaire général adjoint de l'Elysée, Emmanuel Macron n'était jusque-là pas assujetti à l'ISF, payé par les ménages disposant d'un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros. Mais selon Mediapart, après "les vérifications entreprises" suite à son arrivée à Bercy, le fisc a réévalué son patrimoine, lui faisant "franchir le seuil de l'ISF".

"Dès qu'il prend la parole, tout le monde le dégomme"

Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche et proche du ministre de l'Economie, estime que ces informations sont faites pour nuire à Emmanuel Macron. "Il y a beaucoup de gens qui veulent sa peau. C'est une réalité, déclare-t-il sur RMC. Il n'est pas comme les autres. Il sort des sentiers battus. Donc dès qu'il prend la parole, dès qu'il agit, tout le monde le dégomme. Il faut prendre en considération cet élément. On veut le tuer ! Tout le monde veut tuer Emmanuel Macron aujourd'hui ! A droite comme à gauche".

"Qui dit qu'il n'aurait pas payé son ISF? Personne, poursuit-il. Il a payé. Il a été vraisemblablement examiné comme tous les ministres mais je rappelle qu'il y a beaucoup de membres du gouvernement ou de responsables politiques qui ont pu être redressé à un moment donné. C'est la réalité fiscale". De son côté, Daniel Fasquelle, député Les Républicains du Pas-de-Calais et maire du Touquet, doute qu'Emmanuel Macron ait pu frauder. "Le connaissant, je serais surpris qu'il envisage de frauder ou de donner une déclaration inexacte. Si c'est le cas, ce serait évidemment extrêmement grave de la part d'un ministre de premier plan du gouvernement".

"C'est un juste retour de bâton"

En revanche, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, ce mardi, l'affaire a fait sourire bon nombre de députés et de détracteurs du ministre qui s'en sont donnés à cœur joie. Notamment les députés socialistes qui se sont livrés à un florilège de petites phrases assassines. "Ah, dit l'un d'eux souriant, il nous fait tellement chier que c'est un juste retour de bâton". Un autre parlementaire, proche de Manuel Valls, ajoute: "Il a voulu nous donner des leçons de modernité avec les photos dans Gala et les articles qui racontent que les femmes l'adorent, cette fois il va peut-être comprendre qu'en politique si tu la joues trop perso, tu trouves vite quelqu'un pour te mettre des bâtons dans les roues".

Et une question taraude les députés: qui a bien pu donner cette information sur l'ISF d'Emmanuel Macron à la presse? En principe en matière de redressement le secret fiscal s'impose. Ce mardi, les quelques parlementaires proches d'Emmanuel Macron n'ont pas ménagé leur peine pour dénoncer une cabale contre le ministre, bien conscients que cette peau de banane glissée sous la chaussure du ministre n'est sans doute pas la dernière.

Maxime Ricard avec Stéphanie Collié