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Prélèvement à la source: les patrons de TPE et PME inquiets

Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu est entré en vigueur mardi et inquiète les petits patrons qui n'ont pas forcément les moyens humains et financiers de gérer le côté administratif.

Le 1er janvier a marqué le passage à la nouvelle année, et est également synonyme d'entrée en vigueur de la très attendue (ou redoutée) réforme du prélèvement à la source.

Un changement d'ampleur pour ce prélèvement de l'impôt sur le revenu, qui représente 70 milliards d'euros de recette pour l'Etat chaque année. Et les entreprises sont mises à contribution. D'où l'inquiétude de nombreux patrons, pas forcément prêts. Des difficulté administratives supplémentaires notamment pour les petites entreprises.

Petit patron, Jean-Yves est artisan-confiseur à Berck-sur-Mer, dans son entreprise, ils ne sont que trois salariés, et n'a pas le temps de concilier tâches artisanales et tâches administratives.

"Mon métier, c'est de faire des bonbons"

"Il faut qu'on arrive à sortir entre 40 et 50 kilos par jour. Je ne me vois pas prendre le temps pour gérer tout le travail administratif et surtout pour m'occuper des fiches de paye."

Alors Jean-Yves a anticipé: c'est un expert-comptable qui fera le travail administratif pour lui, mais celà à un coût. 

"C'est environ 200 euros par an. Ou on essaie de le faire et on risque de faire des erreurs et on risque d'être pénalisés parce qu'on s'est trompé, ou avoir l'esprit tranquille. Mon métier, c'est de faire des bonbons. Je préfère m'occuper de ça et de laisser ce qui est plus contraignant à un comptable."

"Nous attendons de la DGFI qu'elle soit bienveillante vis-à-vis de ces entreprises"

Contrairement au confiseur berckois, près de 35.000 TPE ne seraient elles, pas tout à fait prêtes. Alors la Confédération des petites et moyennes entreprise réclame de l'indulgence à la direction générale des finances publiques, Frédéric Grivot est vice président de la CPME.

"Il y a des chefs d'entreprise qui sont aujourd'hui désemparés. Nous espérons de la part de la DGFI qu'elle vienne, non au secours, mais qu'elle soit bienveillantes vis-à-vis de ces entreprises. Elles ne sont pas réfractaires, elles sont retardataires."

Ce sont souvent des entreprises du bâtiment, de la restauration ou du commerce, qui auront donc besoin de la clémence du fisc.

Thomas Chupin (avec J.A.)