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Taxer les contrats des salariés étrangers: "je trouve ça abominable comme concept"

Si elle est élue, Marine Le Pen mettra "en place une taxe additionnelle sur l’embauche des salariés étrangers afin d’assurer la priorité nationale à l’emploi des Français". Une taxe critiquée par Jaafar et son patron.

C'est une des mesures phares du programme frontiste: la préférence nationale. Si elle est élue, Marine Le Pen mettra "en place une taxe additionnelle sur l’embauche des salariés étrangers afin d’assurer la priorité nationale à l’emploi des Français". L'idée: dissuader les patrons d'embaucher des travailleurs étrangers au profit des Français. Une taxe qui pourrait potentiellement toucher les 1,7 million d’étrangers actifs présents en France, parfois depuis des décennies, lorsqu’ils voudraient changer d’emploi (la taxe ne serait pas rétroactive sur les CDI, selon le FN).

Elle pourrait par exemple toucher Jaafar, un Sénégalais qui vit en France depuis neuf ans. Après avoir fait ses études d'ingénieur, il travaille depuis trois ans chez Extia, une société d'ingénierie en région parisienne. Il juge cette taxe raciste: "Je trouve ça totalement inacceptable. On apporte des choses à la France, on a la fierté d'avoir étudié en France et les patrons n'ont pas à faire passer des entretiens en fonction de la nationalité mais par rapport aux compétences". "Faire fuir gentiment les étrangers, je trouve ça vraiment déplacé", ajoute-t-il.

Dans l'entreprise de Jaafar, il y a 10% de salariés étrangers, de trente nationalités différentes. Son patron Arnaud Frey, en est fier. Surtout, il dit ne pas avoir le choix: "Aujourd'hui, il y a une pénurie d'ingénieurs en France ce serait donc contre-productif pour les entreprises. La préférence nationale ne veut donc rien dire pour moi". Et de poursuivre: "Il y aurait une valeur marché d'une personne étrangère. Je trouve ça complètement abominable comme concept. Personnellement, ça me poserait un vrai problème éthique".

M.R avec Romain Poisot