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4.000 conseillers menacés à Pôle Emploi: "Ca tombe comme une bombe!"

La direction tire les conséquences de la baisse du chômage et envisage de se séparer d'une partie des conseillers. Ces derniers s'inquiètent dans un contexte où leur charge de travail ne désemplit pas.

"Moins de chômage, égal moins de besoin d'accompagnement", expliquait Muriel Pénicaud, la ministre du travail, fin avril. Depuis des nouveaux chiffres sont parus. Le taux de chômage mesuré par l'Insee est reparti à la hausse au premier trimestre. Pourtant, 4000 postes de conseillers chez Pôle Emploi sont directement menacés.

Un comité central d'entreprise au sein de l'agence est prévu ce jeudi afin d'aborder le sujet. La direction envisagerait des coupes de l'ordre de 7% des effectifs. La cure d'amaigrissement programmée verra ses contours précisés en septembre, au moment du projet de loi de Finances et des discussions sur la feuille de route de l'établissement public pour les quatre ans à venir.

Les syndicats veulent plus d'agents

Les syndicats assurent, eux, qu'il faut embaucher davantage d'agents. Ils dénoncent tous un tour de passe-passe de l'exécutif.

Cette logique mathématique dépite Sonia, conseillère Pôle Emploi:

"On a une baisse des demandeurs d'emploi en catégorie A, mais le nombre d'inscrits à Pôle Emploi continue d'augmenter. Ces suppressions de postes, ça tombe comme une bombe. Personne n'arrive au bout de ce qu'il pourrait faire le temps de son activité".

C'est le cas de Brahim, collègue de Sonia, débordé par son travail. Cette année, il doit suivre 750 demandeurs d'emploi:

"Le matin, on arrive, on se demande par quoi on va commencer. On peut dire qu'on y arrive mais avec quelle qualité de service? On a besoin de personnel. Il ne faut pas enlever, il faut en ajouter parce que là on y arrivera pas. Il n'y a pas de baisse du chômage. Et puis s'il y a une baisse aujourd'hui, qui dit qu'il n'y en aura pas une demain?".
B.M avec Bourdin Direct