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Comment la majorité veut moduler l'assurance chômage selon la conjoncture

Dès la rentrée 2023, l'indemnisation chômage pourrait être modifiée selon la conjoncture économique. Si le marché du travail est tendu, l'allocation chômage pourra être gonflée et étendue. En revanche, en cas de bonne santé du monde de l'emploi, elle pourra être réduite en volume et en durée.

L'Assemblée nationale a voté mardi plusieurs mesures dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage. Au menu de ce nouveau paquet de lois, une modulation de cette indemnité chômage selon la conjoncture, notamment. Concrètement, la durée d'indemnisation d'un chômeur pourra varier selon la situation du marché du travail. Cette indemnisation pourra être réduite en temps et en volume si le marché de l'emploi se porte bien et pourra être allongée et augmentée si ce marché est en crise.

La majorité veut ainsi remettre les demandeurs d'emploi plus vite au travail alors que la période actuelle voit les offres d'emploi fleurir mais que les candidats manquent.

"On nous demande de travailler comme en 1920 alors qu'on est en 2022"

"C'est une mesure complètement démagogique", peste ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" Kaouther Ben Mohamed. "Le monde est différent depuis le Covid-19 et le monde du travail d'aujourd'hui n'est pas adapté au mode de vie d'aujourd'hui", estime la présidente de l'Association "Marseille en colère".

"On nous demande de travailler comme en 1920 alors que nous sommes en 2022. L'Etat, les patrons et le marché de l'emploi doivent s'adapter quand c'est nécessaire et ce n'est pas les indemnités chômage qu'il faut adapter. C'est en offrant du travail bien rémunéré qu'on invitera les Français à travailler, pas en les payant au lance-pierre", ajoute Kaouther Ben Mohamed sur RMC et RMC Story.

Une révolution du travail?

"De l'emploi, il y en a", rappelle de son côté l'enseignant Kevin Bossuet qui estime que le problème se situe au niveau du recrutement: "Les gens ne viennent plus, il n'y a plus de personnel et les emplois sont vacants. Je commence à en avoir marre des gens qui chouinent, se plaignent mais ne veulent pas faire l'effort nécessaire pour prendre un emploi et se lever".

"Je trouve normal que dans un moment où il y a un telle pénurie de main d'œuvre, on réduise un peu les modalités d'attribution de l'assurance-chômage, cela relève du bon sens", estime-t-il.

"Il y a sûrement des gens qui profitent du système généreux mais à mon avis, c'est secondaire", croit savoir Olivier Truchot, qui rappelle qu'aux Etats-Unis, où un système d'assurance-chômage bien moins généreux est en place, les entreprises peinent également à recruter. "On passe à côté du vrai problème et des gens qui veulent travailler différemment. Il y a une révolution qui est en train de se passer dans tous les pays occidentaux", ajoute-t-il.

Les abandons de poste bientôt assimilés à une démission?

Outre une modulation de l'assurance-chômage, l'Assemblée nationale a également voté pour présumer démissionnaires les salariés abandonnant leur poste, les privant d'indemnités.

Après une phase de concertation de six à huit semaines avec les partenaires sociaux, le gouvernement adoptera par décret cette réforme de l'assurance-chômage, pour une entrée en vigueur début 2023.

G.D.