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Démission de Christian Estrosi: "c'est inadmissible, je ne cautionne pas"

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Christian Estrosi (LR) a annoncé lundi soir sa démission de la présidence de la région Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur), et son intention de redevenir maire de Nice, au lendemain de l'élection à l'Elysée d'Emmanuel Macron, qu'il avait soutenu au second tour.

Christian Estrosi (Les Républicains) démissionne de la présidence de la région Paca pour redevenir maire de Nice. Il a cependant démenti toute volonté d'entrer dans le futur nouveau gouvernement après l'élection d'Emmanuel Macron: "Je vais le dire de manière très claire: ma seule ambition c'est de servir ma ville et ma région, pas d'entrer au gouvernement". Il a aussi précisé qu'il avait refusé d'exercer toute responsabilité gouvernementale. En attendant, dans la région, cette décision ne manque pas de faire réagir.

Ainsi, Patrick Allemand, conseiller municipal d'opposition (PS), se dit "sidéré" par le choix de Christian Estrosi: "C'est surtout un grand mépris pour les Niçois mais aussi pour les électeurs de la région Paca. Christian Estrosi s'est en effet fait élire président de la région grâce au retrait de la liste socialiste en disant, notamment, qu'il allait enfin pouvoir défendre les intérêts de Nice à Marseille. Ce n'était que des salades. La preuve, même pas 18 mois après, il quitte cette présidence. Ce n'était que du vent".

"Ça fait partie de ses changements permanents de ligne politique"

Benoît Payan, président du groupe socialiste à la mairie de Marseille, dénonce quant à lui l'irresponsabilité de Christian Estrosi: "C'est indécent de démissionner 24 heures après l'élection d'un président de la République et au moment où il y a eu front républicain de la même manière qu'il y a eu en Paca. C'est donc dire le peu de cas que l'on fait des grands appels démocratiques. Je crois que l'on ne peut pas dire aux électeurs que l'on sera garant des institutions et ensuite démissionner. Surtout dans ce moment-là".

De son côté, Sophie Camard, conseillère écologiste en région Paca, ne se montre pas très "surprise" par cette décision: "Monsieur Estrosi change très souvent d'avis. Je l'ai connu, pendant les régionales, avec un discours proche de l'extrême droite. Après, il est devenu le grand républicain. Ensuite, il est redevenu le militant, défenseur de monsieur Sarkozy. Puis, monsieur Macron… Ça fait partie de ses changements permanents de ligne politique".

"Il y a forcément une grosse combine derrière tout ça"

"Je vis très mal son retour, assure Stéphane, un habitant de Nice. Revenir comme ça, du jour au lendemain, je trouve ça inadmissible. C'est un peu un jeu de pions: je place quelqu'un à la tête d'une mairie, je reviens deux ans plus tard parce que le poste ne me convient pas. Je ne cautionne pas. Il a certainement d'autres aspirations. Il y a forcément une grosse combine derrière tout ça".

Au milieu de toutes ces critiques, le retour de Christian Estrosi à la mairie de Nice fait tout de même quelques heureux. C'est le cas de Rose-Marie: "Ça me fait vraiment très plaisir en tant que Niçoise. On était un peu dans l'ambiguïté en raison de ses prises de position dans l'affaire Fillon et de la réception accordée à monsieur Macron. On a douté de sa droiture politique. Si ces choix n'étaient pas très clairs, on est quand même resté fidèles. On avait besoin qu'il clarifie ses positions et il l'a fait. J'en suis ravie. C'est un grand soulagement".

M.R avec Elodie Messager