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Dispositif "territoires zéro chômeurs": "800 personnes embauchées en CDI" depuis 2016

Testé dans 10 territoires, ce dispositif devrait être étendu dans les prochains mois. Mais les organismes qui soutiennent le dispositif sont inquiets de la baisse des subventions accordés par l'État.

Depuis 2016, dix territoires français testent un dispositif permettant de créer des entreprises à but d’emploi pour éradiquer le chômage de longue durée. Au total, 800 sont embauchés en CDI et payés au Smic. Ils réalisent des travaux utiles pour la collectivité. 

C’est notamment le cas dans le quartier Saint-Jean à Villeurbanne dans le Rhône. Pour Françoise aujourd'hui, c'est atelier jardinage. Mais celle qui a toujours habitée dans le quartier Saint-Jean ne sait pas faire que ça. "Je fais du nettoyage, du jardin, j’ai fait des formations dans le bâtiment, dans l’informatique", énumère-t-elle. 

Cette femme de 38 ans fait partie des 82 salariés embauchés en CDI et payée au SMIC par la société Emerjean, qui expérimente le projet "Territoire Zéro Chômeur". Ça n'a pas toujours été le cas.

"J’ai touché le chômage pendant sept ans et ça fait un an que j’ai signé avec Emerjean, en CDI. Ca m’a permis de rencontrer des collègues de travail qui ont la même situation que moi", explique-t-elle.

Mais les organismes qui soutiennent la mesure sont aujourd'hui inquiets: l'Etat a baissé ses subventions pour les chômeurs de longue durée de 1000 euros par an et par personne. Bertrand Foucher, le président de la société Emerjean, lance un appel à Emmanuel Macron.

Des conséquences sociétales

"On lui dit de continuer à soutenir financièrement l’expérimentation notamment en ne perdant pas le lien entre le coût évité du chômage, qui est à peu près de 21.000 euros par an et par chômeur, et puis l’impact sur la vie des personnes, leur vie personnelle, sur leur santé, sur la qualité de leur vie familiale", indique-t-il. 

Dans ce quartier de Villeurbanne, entre 150 et 200 chômeurs de longue durée seraient intéressés par ce dispositif.

Claire Hédon, présidente d’ADT Quart Monde, à l’origine de ce dispositif, confirme d’ailleurs sur RMC que le dispositif devrait être étendu.

"Le président de la République dans l’annonce du plan pauvreté, a annoncé qu’il y aurait une extension entre 50 et 100 territoires", explique-t-elle. Cependant, elle réclame un bilan. "Il faut un bilan économique, mais aussi un bilan sociétal. Qu’est-ce que ça change? On voit déjà une baisse de la consommation de médicaments. Qu’est-ce que ça change aussi sur l’éducation des enfants?", questionne-t-elle. 

Pour elle, les personnes qui sont en situation de précarité veulent travailler. "C’est le moyen pour elles de s’insérer dans la société", affirme-t-elle. 

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours