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Gare de Nantes saccagée par des casseurs: "C'était assez impressionnant, un état de guerre"

Les manifestations contre la loi Travail et le recours à l'article 49.3 ont été émaillées par de nombreux incidents ce jeudi. A Nantes, par exemple, la gare sud a été vandalisée par des dizaines d'individus qui ont jeté des projectiles sur les vitrines sous les yeux du personnel de la SNCF, impuissant. Des témoins particulièrement choquées par ce qu'ils ont vécu.

Nouvelle manifestation très tendue ce jeudi à Nantes. Bilan de la journée: 19 interpellations, trois policiers blessés et des milliers d'euros de dégâts. Des lycéens ont allumé des feux de poubelle, des tags sur la préfecture ont été inscrits, des vitrines de magasins en centre-ville ont également été brisées. Mais c'est la gare SNCF qui a plus particulièrement été visée. Les vitres de l'entrée sud ont toutes été brisées par des dizaines d'individus, provoquant une véritable scène de panique.

Témoin de cette violence, Fabrice, agent SNCF, a encore du mal à se remettre de ses émotions. Il assure n'avoir jamais vu ça: "Ils sont entrés et ont balancé de la caillasse de partout. Ils voulaient tout casser. Il n'y avait rien à faire, c'est arrivé trop vite… C'était assez impressionnant, un état de guerre". Une grosse frayeur partagée par Charlène, qui avait sept clients dans sa librairie au moment des faits. "La grille nous a sauvés, assure-t-elle. Les gaz lacrymogènes ont commencé à entrer alors, avec les clients, nous sommes sortis: il y en avait de partout".

"Plusieurs dizaines de milliers d'euros de travaux"

Laurine, elle, était à son poste, à l'accueil de la gare. Plus que le choc, c'est le ras-le-bol qui domine chez la jeune femme. "J'ai trouvé ça très impressionnant. Du jamais vu !, témoigne-t-elle. Les vitres sont toutes cassées, ça criait et cassait de partout. Ça a foutu un bordel monstre (sic). Les gens qui prennent le train n'ont rien demandé. Et comme ils ont aussi tout saccagé en centre-ville, du coup à Nantes on ne peut plus rien faire. On est obligé de rester chez nous".

A la suite de ces incidents, Stéphanie Demange, directrice régionale de la SNCF, est venue constater les dégâts. Et la note devrait être salée: "Il y en a pour plusieurs dizaines de milliers d'euros de travaux et il faudra plusieurs jours pour pouvoir remettre en état l'ensemble du hall de la gare sud". C'est pourquoi la compagnie ferroviaire a annoncé qu'elle allait porter plainte.

M.R avec Adrien Godet