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Grogne dans les stations-essence: "On m'a donné deux coups de poing, tout le monde panique"

Autour de 20% des stations-service sont fermées ou en grande difficulté.

Autour de 20% des stations-service sont fermées ou en grande difficulté. - AFP

REPORTAGE - Avec la grève dans les raffineries, la crainte d'une pénurie de carburant fait s'allonger les files d'attente devant les stations-service où les tensions prennent de l'ampleur.

Concert de klaxons devant cette station-service de Rouen, en Seine-Maritime. Après une demi-heure d'attente Lorène, une jeune maman peut enfin accéder à la pompe. Derrière elle, une file interminable de voitures. Dans la queue les conducteurs ronge leur frein et Lorène s'impatiente aussi: "Je mets du temps et là les gens vont s'énerver", craint-elle avant de constater devant la pompe "produit non disponible".

Une scène qui se répète presque partout dans les stations-service encore ouvertes de la Seine-Maritime où les automobilistes qui craignent une pénurie face à la grève des raffineries se pressent pour trouver un peu de carburant. Parfois, des automobilistes en viennent aux mains. Un pompiste raconte avoir été agressé.

"Hier il y en a un qui m'a donné deux coups de poing, il était pressé, il voulait passer devant tout le monde. Tout le monde panique", raconte-t-il.

"Les gens pètent les plombs"

Derrière le comptoir de sa station-service, Angélique est harcelée par le téléphone qui sonne en permanence. "On a 100 coups de fil par jour, on est obligé de décrocher le téléphone", indique-t-elle. Au bout du fil, les automobilistes ont toujours la même question: à quand le prochain réapprovisionnement?

"Mais nous on ne sait pas. On ne peut pas dire aux gens si on va avoir du gasoil, de l'essence. Les gens pètent les plombs", constate la commerçante.

Pour ne rien arranger, les prix à la pompe ont augmenté ce qui agace encore plus les automobilistes. "Le sans plomb 95 était à 1,22 euros et là il est à 1,29. Sept centimes de différence par rapport à la semaine dernière. Comme tout le monde a besoin d'essence, ils augmentent, ils essayent de gagner de l'argent, ça devient grave", juge un automobiliste.

Si les prix ont bel et bien gonflé ces derniers jours, leur augmentation n'est pas liée au blocage des sites pétroliers. Selon l'Union des industries pétrolières (Ufip), cette hausse s'explique par la remontée des cours du brut la semaine dernière. En revanche si le conflit continue, le prix du carburant pourrait augmenter. "S'il y a un durcissement du conflit, moins de produit, des importations massives qui devraient être faites de l'étranger, forcément les prix se tendraient", analyse Francis Duseux, président de l'Ufip. Il garde en tête les augmentations lors du conflit sur les retraites d'octobre 2010, "ça avait duré plus de trois semaines".

C. B avec Antoine Perrin