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Les coulisses du mouvement En marche!

Depuis le lancement d'En marche! il y a quatre mois, l'ancien ministre de l'Economie revendique des dizaines de milliers de "marcheurs". En arrière-plan, les militants ont en réalité eu du mal à rassembler sur le terrain. Le mouvement revendique par ailleurs peu de donateurs et de soutiens de poids pour l'instant.

Emmanuel Macron a quitté le gouvernement pour se consacrer pleinement à son mouvement "En marche!". Depuis son lancement le 6 avril à Amiens, le mouvement revendique 60.000 adhérents. Gérard Collomb, le maire de Lyon et principal soutien politique d'Emmanuel Macron a revendiqué mercredi sur RMC et BFMTV l'adhésion de 3.000 "marcheurs" dans le Rhône. Des chiffres relativement conséquents en quatre mois d'existence mais facilités par une inscription sans formalité, par quelques clics sur le site internet internet du mouvement et sans cotisation à payer. Difficile donc de savoir combien de personnes adhèrent vraiment au mouvement et combien sont en réalité de simples curieux.

En plus des adhérents, l'ancien ministre de l'Economie dispose aussi à titre personnel de relais auprès de chefs d'entreprise de Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef à Marc Simoncini, fondateur de Meetic. En politique, une dizaine de parlementaires seulement le soutiennent ouvertement pour l'instant.

Pour ce qui est du nombre de donateurs que compte En marche!, l'équipe d'Emmanuel Macron ne communique pas sur le sujet. En mai dernier, l'ancien ministre avait toutefois donné un chiffre, avançant presque 2.000 donateurs. A titre de comparaison, leur nombre est ainsi sept fois moins important que ceux revendiqué par Jean-Luc Mélenchon par exemple.

L'objectif des 100.000 questionnaires remplis pas atteint

En ce qui concerne l'équipe d'En marche!, le mouvement a tout l'aspect d'une start-up. Loin des grosses équipes des partis traditionnels, le QG d'Emmanuel Macron fonctionne avec une vingtaine de bénévoles à temps plein et six salariés permanents seulement. En s'appuyant sur les militants, son équipe avait dès le départ pour but de se constituer une base de données à travers une campagne de porte-à-porte auprès des Français pour constituer un "diagnostic" de la France. Mais quatre mois plus tard, l'objectif de 100.000 questionnaires remplis d'ici la fin de l'été n'a pas été atteint.

"Nous avons frappé à 100.000 portes et il y a 25.000 questionnaires qui ont été entièrement remplis, sachant qu'il y a des questionnaires qui ont été remplis partiellement", précise Benjamin Griveaux, porte-parole d'En marche!

Peinant ainsi à parvenir au seuil fixé, les militants eux-mêmes sont désormais invités à remplir ces mêmes questionnaires. "La phase de porte-à-porte, de rencontre des Français s'est terminée le 31 juillet et depuis la semaine dernière les 60.000 adhérents d'En marche remplissent le questionnaire", admet Benjamin Griveaux.

Il promet une "restitution du diagnostic" établi dès le moins de septembre avant de s'atteler à la construction "d'une offre politique".

C. B avec Juliette Droz