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Les "managers du bonheur" en plein boom: "Parce qu'un salarié épanoui est un salarié performant"

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- - CC Flickr - K2 spaces

Alors que l'on n'a jamais autant parlé de burn out ou de souffrance au travail, de plus en plus d'entreprises créent des postes de "Chief happiness officers", ou "managers du bonheur". RMC.fr a joint l'une d'entre elle, CHO chez Boiron.

Sophie Magnillat est manager du bonheur (Chief happiness officers, CHO) chez Boiron. Il n'existe pas de formation pour devenir CHO. Après des études de marketing, elle a travaillé dans la logistique avant d'être embauchée par le laboratoire Boiron en tant que "Maîtresse de maison", comme on appelle ce poste dans l'entreprise.

"Au quotidien, notre objectif avec mes équipes, c'est de créer un environnement de travail dans lequel les salariés se sentent bien. Cela veut dire rendre le cadre de vie et de travail agréables. On va aménager tous les espaces communs de l'entreprise pour que ce soit pratique et que ça réponde aux besoins des employés. On mène également une réflexion sur les lieux de vie du site: on travaille en ce moment sur un projet d'aménagement d'espaces verts autour du restaurant d'entreprise avec des bancs, des tables, des endroits où on peut aller lire ou méditer… On veut en faire le poumon du site, la position centrale où les gens se rencontrent et passent un bon moment. 

"On enlève les petits cailloux qui gênent le salarié"

Chaque matin notre 'équipe de convivialité' est également chargée de préparer toutes les salles de réunion: on s'assure que le matériel informatique fonctionne, que tous les câbles sont là, on prépare des fruits secs, des fruits frais pour les gens qu'on accueille ou pour les pauses. On assure également le support logistique de tous les séminaires organisés sur site pour soulager les assistantes de chaque service. En fait, on fait en sorte d'enlever les petits cailloux qui peuvent gêner le salarié au quotidien: une fois qu'on les enlève on se sent tout de suite bien.

On réfléchit sur la façon de favoriser l'environnement de travail pour que les salariés se sentent bien. Il faut être à l'écoute active des salariés et être la courroie d'information entre les différents services et la direction. Contrairement à d'autres postes de CHO dans des start-ups, nous ne sommes pas dans une notion d'amusement, nous sommes dans la notion de bien vivre au sein de la société.

"Le but, c'est qu'on soit toujours plus performants"

Autre exemple: une salariée m'a fait part que les arrêts de bus étaient à 1 km du site, avec des horaires qui ne correspondaient pas aux horaires de bureau, on a réussi en en parlant à la compagnie de transports de décaler l'arrêt de bus juste devant le site. Ne pas être énervé quand on arrive, se sentir bien parce que c'est plus facile de se rendre au travail.

Le but, c'est qu'on soit toujours plus performants. Tout est lié, un salarié épanoui est un salarié performant. Cela assure une meilleure productivité et ça fidélise. On a une ancienneté moyenne de 18 ans dans l'entreprise, avec un âge moyen de 46 ans. Les entreprises ont compris aujourd'hui que l'humain est une valeur sûre et que c'est sur l'humain qu'il faut miser. Je suis sûre que l'actualité sur la souffrance au travail fait réfléchir les patrons. C'est un métier qui va se développer. Mais attention, se contenter d'embaucher un CHO dans l'entreprise sans instaurer une politique sociale cohérente, cela ne fonctionnera pas."

Propos recueillis par Philippe Gril