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Les usagers et agents de Pôle Emploi dans le flou avec la nouvelle réforme chômage

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Les syndicats dénoncent les nouvelles dispositions de la réforme du chômage qui prévoit notamment un durcissement des conditions d'éligibilité ou encore une dégressivité des allocations pour les cadres. Les usagers eux, sont dans le flou.

À la veille de l'entrée en vigueur du premier volet de la réforme du chômage, les allocataires ont du mal à y voir clair. Corinne, professeure d'arts plastiques sort nerveuse de son rendez-vous chez Pôle Emploi dans le 19e arrondissement de Paris. Avec la réforme, elle ne sait pas si elle va pouvoir toucher le chômage à la fin de son contrat: "Je suis dans le flou parce que j'ai un CDD mais est-ce que en terme d'heures ce sera suffisant ? J'ai peur de me retrouver sans rien", s'inquiète-t-elle au micro de RMC

Ilias, lui, est sans emploi depuis le début du mois. Et il y a quelques jours, il a reçu un courrier de Pôle Emploi qui l’a laissé perplexe: "Je n'ai pas tout compris mais avec la nouvelle règle j'ai peur de ne pas avoir le chômage".

La dégressivité intégrée

Une inquiétude qui se retrouve aussi du côté des agents de Pôle emploi. Car ils n’ont pas été assez formés aux nouvelles règles du chômage, selon Sylvie Espagnolle, de la CGT Pôle Emploi. Elle déplore un manque de préparation: "Les agents dans leur très grande majorité sont catastrophés par la mise en place de cette réforme parce qu'on n'a pas encore tous les circuits qui sont bien mis en place d'où la difficulté de renseigner les usagers". Elle demande donc des renforts dans les agences pour faire face aux questions des demandeurs d'emploi. 

Pour toucher le chômage, il faudra avoir travaillé 6 mois au cours des 24 derniers mois, contre 4 mois pendant les 28 derniers mois auparavant. Pour les personnes qui touchaient au moins 4500 euros brut mensuel, les allocations baisseront de 30% à partir du 7e mois. Une dégressivité qui n'existait pas auparavant.

Camille Schmitt (avec Guillaume Dussourt)