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Loi Travail: une manifestation statique ou rien, les syndicats "prêts à braver les interdits"

Les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail jeudi.

Les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail jeudi. - Dominique Faget

La préfecture de police de Paris a demandé aux syndicats d'organiser la manifestation de jeudi sous forme de rassemblement statique, menaçant dans le cas contraire d'interdire la manifestation. Pas question pour les militants qui comptent bien se mobiliser jeudi.

Les syndicats voulaient manifester jeudi entre Bastille et Nation à Paris. Une demande refusée par la préfecture de police qui a annoncé lundi qu'elle demandait à la place un rassemblement statique. Une forme de rassemblement justifiée pour des raisons de sécurité. Après des violences notamment en marge de la dernière manifestation à Paris où des casseurs s'en étaient pris à l'hôpital Necker, un rassemblement statique permettrait de mieux canaliser les individus violents. Mais pour Fabrice Angei de la CGT, la demande est inacceptable. Il considère que les rassemblements statiques sont au contraire "la source de tous les dangers".

"C'est toujours en fin de manifestation, là où on est statique près de l'arrivée que les exactions sont commises et lorsque vous rassemblez plusieurs milliers de personnes qui ne bougent pas, c'est la porte ouverte à tous les possible, à tous les dangers possibles", estime le syndicaliste. 

"Les manifestants seraient des gens violents en puissance?"

Pour d'autres militants, cette demande cherche à pousser les syndicats à renoncer à manifester. La préfecture de police et le gouvernement ont menacé d'interdire les manifestations. Comme Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole du syndicat Solidaires, des syndicalistes sont prêts à descendre dans la rue malgré l'interdiction pour défendre leur droit à manifester. "On sera le nombre qu'on sera à braver certains interdits. Ce n'est pas à la préfecture de police de nous dicter les modalités d'action, ça nous revient à nous", juge-t-elle. Elle regrette l'amalgame qui est fait par les autorités entre casseurs et manifestants.

"Tous les manifestants seraient des gens violents en puissance? Jusqu'à présent on a manifesté correctement. Dans le calme, on a exprimé nos positions en manifestant. Collectivement on a décidé d'une manifestation. En rien on a le droit de nous empêcher", appuie la responsable syndicale. 

Quelles conséquences sur le terrain?

Du côté des policiers, Patrice Ribeiro secrétaire général du syndicat de police Synergie voit mal comment lui et ses collègues pourraient empêcher les manifestants de défiler si les syndicats décident d'organiser un cortège. "Je ne vois pas comment aujourd'hui les policiers pourraient intervenir contre des militants, contre des gens qui ne sont pas des casseurs, pour les empêcher de se déplacer notamment sous les caméras du monde entier", remarque le policier. Il pense toutefois aux fonctionnaires de police qui seront malgré tout mobilisés pour encadrer le mouvement, même interdit.

"Ce sont des policiers qui sont des mères de famille, des pères de famille qui vont au travail pour défendre la liberté de leurs concitoyens qui seront pris au milieu de tout ça", poursuit Patrice Ribeiro. 

La préfecture de police de Paris doit décider ce mardi si elle interdit ou non les manifestations. La décision pourra être contestée devant un tribunal administratif. 

Carole Blanchard avec Marie Dupin