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Manifestation interdite à Paris: "C'est une faute historique"

La préfecture de police de Paris a décidé d'interdire la manifestation contre la loi Travail de jeudi.

La préfecture de police de Paris a décidé d'interdire la manifestation contre la loi Travail de jeudi. - -

La préfecture de police de Paris a annoncé mercredi l'interdiction de la manifestation contre la loi Travail prévue jeudi. Une décision disproportionnée a jugé Christian Paul, député PS sur RMC alors que les syndicats restent déterminés et bien décidés à défiler.

La décision de la préfecture est "incompréhensible par sa disproportion". Christian Paul, député frondeur du PS craignait une interdiction de la manifestation contre la loi Travail de jeudi, mais espérait "qu'elle était évitable". Pour lui, rien n'explique cette décision justifiée par la préfecture par des raisons de sécurité et pour éviter des dégradations.

"Il ne faut pas porter atteinte aux libertés fondamentales sinon on donne raison à ceux qui s'efforcent de démolir la démocratie, y compris d'ailleurs les provocations des casseurs en marge des cortèges. C'est bien pour cela qu'il faut garder son sang-froid, éviter de porter atteinte aux libertés fondamentales, c'est à contresens de l'histoire", juge le député de la Nièvre. 

Christian Paul considère que Manuel Valls et son gouvernement qui avait appelé les syndicats à annuler leur rassemblement commet "une faute historique". "Nous devons dire de façon très claire que cette décision est une faute (...). Quelle que soit la position que l'on peut avoir sur la loi Travail, on est en train d'aller sur un autre terrain qui est celui de la liberté démocratique", regrette le député.

"Nous irons manifester"

Quelques minutes après l'annonce de la préfecture, les syndicats marquaient leur détermination à poursuivre le mouvement malgré l'interdiction. "Nous irons manifester", affirme Karl Gazhi, responsable CGT commerce. Pour lui, la symbolique de cette décision est forte et "inouïe". "C'est historique dans l'histoire contemporaine de la France. La dernière fois qu'une manifestation syndicale a été interdite c'est par Maurice Papon" rappelle le syndicaliste. Le préfet Papon avait en effet interdit en 1962 une manifestation contre la guerre d'Algérie, réprimée par la police.

"Si la référence aujourd'hui de Manuel Valls c'est plus Clémenceau mais Papon, la démocratie est en danger", poursuit Karl Gazhi.

"Nous irons manifester, d'abord parce que nous continuerons de nous opposer à la loi El Khomri, mais aussi pour défendre une liberté fondamentale qui est le droit de manifester, nous sommes dans une démocratie", estime-t-il. Gabriel Gaudy, secrétaire général de l'union régionale Force ouvrière Ile-de-France, qui entend lui aussi rester mobilisé, s'inquiète toutefois des conséquences de cette interdiction. Il craint "de nouvelles formes de radicalisation pour un certain nombre de camarades qui ne peuvent pas accepter qu'on les interdise de manifester".

Carole Blanchard