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Manifestations contre la loi Travail: "L'usage du 49.3 est assez insultant vis-à-vis de la mobilisation populaire"

TEMOIGNAGES - Des dizaines de milliers d'opposants à la loi travail et au recours au 49-3 ont manifesté jeudi dans toute la France, lors de rassemblements parfois émaillés de violences, comme à Paris, Nantes, Lille ou Toulouse. Si la mobilisation a marqué le pas, les opposants ne digèrent toujours pas le passage en force du gouvernement et comptent bien ne pas en rester là.

Des manifestations ont eu lieu un peu partout ce jeudi en France: Toulouse, Grenoble, Paris... Une cinquième journée de mobilisation contre la loi Travail à l'appel de sept syndicats moins suivie, avec près de 55.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur. Mais ces manifestations ont encore une fois été émaillées de violences: 82 personnes ont été interpellées, 75 en province et 7 à Paris. Dans la capitale, en début de soirée, environ 200 personnes se sont réunies devant l'Assemblée nationale. Une sorte de "Nuit debout" improvisée pour montrer qu'ils ne digèrent pas le passage en force du gouvernement et qu'ils comptent bien poursuivre la mobilisation.

Parmi eux, Rémy, enseignant de 28 ans présent à toutes les manifestations contre la loi Travail: "Il me semblait intéressant, alors que la motion de censure était débattue, d'être présent devant l'Assemblée pour signaler aussi qu'une voix de l'extérieur voulait s'exprimer et exprimer sa désapprobation face à la loi et aux méthodes du gouvernement". Et d'ajouter, en colère: "L'usage du 49.3 est assez insultant vis-à-vis de la mobilisation populaire".

"Que le gouvernement soit plus raisonnable"

"La loi El Khomri je ne l'ai pas digérée mais le 49.3 est la goutte qui fait déborder le vase, s'emporte Valérie, professeur de Lettres et habituée des manifestations contre la loi Travail. J'ai quand même l'espoir de changements, de modifications. C'est vraiment important de continuer à croire que l'on peut faire changer les choses si l'on est mobilisés et si on a une démarche collective". Malgré un torticolis, Isabelle a tenu à faire le déplacement. Elle espère que l'exécutif va retrouver la raison: "Il faut que le gouvernement soit un peu plus raisonnable, censé, qu'il prenne des mesures un peu plus salutaires pour le peuple. Parce que c'est quand même le peuple qui l'a mis au pouvoir".

"Quand le peuple est debout, on ne peut pas voter des lois contre lui", estime-t-elle encore. Et le peuple doit continuer à se mobiliser, d'après Bastien, étudiant: "J'espère que cela va continuer avec, sans doute, Nuit Debout, des manifestations sauvages, des blocages". Pour autant, faut-il en passer par une grève générale? L'idée fait son chemin chez les opposants. "Dans l'idée c'est bien, assure Bastien. Dans l'idée, cela bloque le pays. Mais dans les faits, une grève générale est compliquée à mettre en place". A noter que tous ces opposants à la loi Travail se sont donnés rendez-vous aux prochaines manifestations prévues les 17 et 19 mai.

Maxime Ricard avec Quentin Pommier