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Négocier ou rester ferme sur la loi Travail? Les parlementaires socialistes divisés sur la méthode

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Le bras de fer continue entre le gouvernement et les opposants à la loi Travail et de nouvelles manifestations sont prévues ce jeudi. Le gouvernement semble rester ferme mais au sein même de la majorité des députés souhaitent que les lignes bougent.

L'Euro de football débute dans huit jours et la grève se poursuit. Les agents de 16 centrales nucléaires ont voté des arrêts de travail pour ce jeudi, la grève a aussi été reconduite à la SNCF et étendue à la RATP. Après trois mois de manifestations contre la loi Travail l'inquiétude commence à gagner de plus en plus les parlementaires socialistes qui craignent que le climat social ne se tende davantage comme Yann Galut, député socialiste du Cher.

"J'ai peur qu'on aille vers des grèves larvées, des grèves perlées, que ça démarre dans un secteur et que ça rebondisse dans l'autre et qu'on ait des semaines et des semaines comme ça devant nous", craint le député. Pour lui, le gouvernement doit à tout prix sortir de ce conflit.

"Laisser pourrir la situation, attendre le début de l'Euro comme si c'était un miracle ne va pas faciliter les choses. Au bout d'un moment, soit on s'entête soit on se dit qu'il faut revenir à la table des négociations et arrêter par exemple d'opposer les syndicats entre eux. Donc moi j'appelle le gouvernement à la sagesse, à remettre tout le monde autour de la table".

Suspendre et renvoyer à la négociation?

Les frondeurs ciblent plusieurs articles de la loi Travail qui créent le blocage et sur lesquels selon eux il faut discuter défend notamment Jérôme Guedj, membre du bureau national du PS.

"Peut-être que le meilleur moyen de régler la situation c'est de suspendre les dispositions les plus contestées, celle sur l'inversion de la hiérarchie des normes, celle sur les licenciements économiques. On pourrait dire on ne les applique pas pour l'instant, on les suspend et on les renvoie à la négociation et on demande aux partenaires sociaux de se mettre d'accord", propose l'élu de l'Essonne.

Une solution qui selon lui "permet à tout le monde de ne pas être ni désavoué, ni de fanfaronner". Mercredi, Manuel Valls a répété à l'Assemblée que le gouvernement tiendra, "je tiendrai pour la gauche et pour le pays", a-t-il martelé. Une fermeté que soutiennent ses proches comme le sénateur-maire Luc Carvounas persuadé que l'intransigeance de Manuel Valls ne conduira pas à "un pourrissement".

"Le pourrissement ne peut exister qu'à partir du moment où vous avez de toutes les parties l'envie de ne pas avancer. Je vois la détermination de Manuel Valls à nouer le fil du dialogue social et à trouver une position de compromis, mais ça n'ira pas dans le sens de contorsion concernant l'article 2", prévient-il.

Pour lui, Manuel Valls a raison de ne pas reculer. "Ce qui est important c'est de garder la ligne de conduite, la feuille de route, garder son sang-froid".

Carole Blanchard avec Aurélia Manoli