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Patrons vs salariés: "On ne peut pas être entraîneur d'une équipe si on n'a pas été soi-même footballeur"

TEMOIGNAGES - Selon une enquête Marco Vasco-YouGov révélée ce jeudi sur RMC, 35% des salariés interrogés pensent que leur patron serait incapable d'assurer leur travail.

Et si votre patron, prenait votre place, votre poste dans votre entreprise : comment s'en sortirait-il ? Saurait-il faire votre travail? A ces questions, un certain nombre de Français répondent par la négative. Plus précisément, selon une enquête Marco Vasco-YouGov, révélée en exclusivité ce jeudi sur RMC, 35% des salariés interrogés pensent en effet que leur patron serait incapable de faire leur travail. Chez les 45-54 ans, ils sont même 45% à le penser.

Justement, RMC s'est rendue chez Marco Vasco, une agence spécialisée dans le voyage sur-mesure où le patron fait tout pour que ses salariés n'aient pas cette impression. Et dans cette entreprise, pas de costume-cravate, ni de tailleur, le dress-code est plutôt jeans-baskets et l'ambiance est détendue. Le patron est même parfois en chaussette. Mais, surtout, il connaît tous les jobs de l'entreprise, assure Richard l'un des vendeurs.

"Tous les managers sont passés par la vente"

"Il peut tout à fait faire mon travail, aussi bien voire mieux que moi. J'ai du mal à comprendre comment une boîte peut vraiment fonctionner sans que le patron puisse savoir ce que font ses employés, déclare-t-il. C'est une forme de respect, je trouve". L'entreprise compte plus de 200 salariés avec à leur tête, Geoffroy de Becdelièvre qui estime qu'"un patron parachuté à un poste, s'il ne comprend pas ce que font ses équipes, ça va droit dans le mur. On ne peut pas être entraîneur d'une équipe si on n'a pas été soi-même footballeur".

C'est pourquoi, chez Marco Vasco, à tous les étages, le PDG demande aux supérieurs hiérarchiques de jouer le jeu, de ne surtout pas s'écarter du quotidien des salariés. "On a 130 conseillers avec des managers qui sont tous passés par la vente. Cela ne peut pas être autrement, affirme-t-il. Et en plus d'être passé par la vente, ils gardent également des dossiers. A un moment, si vous vous mettez dans une fonction purement managériale, vous perdez la relation avec le terrain, avec le métier et c'est la fin".

"Beaucoup d'entreprises auraient intérêt à fonctionner comme ça"

"Moi, pendant six mois, j'ai été conseiller, je répondais aux clients, poursuit Geoffroy de Becdelièvre. Cela me permet d'entraîner des équipes." Et aux relations humaines de l'entreprise, Reisk assure que ce n'est que du bonus: "Beaucoup d'entreprises auraient tout intérêt à fonctionner comme ça. Plus on a un sens et plus on se sent considéré dans son job, plus on est productif et plus on a envie de donner. A partir du moment où on arrive à se mettre à la place de l'autre, les choses sont très fluides".

Si ça a l'air de marcher dans un sens, ça l'est-il dans l'autre? Richard, se sent-il l'âme d'un patron? "Je pense que ce serait assez compliqué, répond-il. Le patron c'est à la fois un financier et un aventurier, un grand voyageur. Moi, je suis un aventurier et un grand voyageur, les finances c'est ma femme qui s'en occupe".

M.R avec Thomas Chupin