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Une manifestation statique contre la loi Travail? "C'est une véritable souricière qu'on nous propose"

Benjamin Amar, responsable CGT compte bien défiler jeudi contre la loi Travail.

Benjamin Amar, responsable CGT compte bien défiler jeudi contre la loi Travail. - -

Benjamin Amar, responsable CGT dans le Val-de-Marne a dénoncé mardi sur RMC la demande de la préfecture de police d'organiser une manifestation statique. Pour lui, ce rassemblement immobile pose un problème de sécurité et constitue une nouvelle "intimidation".

"Bien évidemment qu'on va marcher". Jeudi, Benjamin Amar, en charge de la politique revendicative de la CGT Val-de-Marne compte bien défiler contre la loi Travail. A l'origine, plusieurs organisations syndicales souhaitaient manifester entre Bastille et Nation à Paris mais la préfecture de police leur demande à la place d'organiser une manifestation statique. Dans le cas contraire, le rassemblement pourrait être interdit.

"Je rappelle que la proposition qui est faite d'un rassemblement est un véritable chausse-trappe sécuritaire. A quel moment les incidents ont été les plus graves avec les casseurs? Au moment où justement on est en position statique" estime le syndicaliste. 

Une "intimidation"

Pour lui, même si des débordements ont eu lieu lors des précédents rassemblements, "le flux des manifestants" gêne malgré tout les casseurs. "En revanche, quand on est arrivé place Denfert-Rochereau ou place de la Nation, à chaque fois il y a eu des problèmes. C'est une véritable souricière qu'on nous propose", juge Benjamin Amar. Le syndicaliste estime que cette demande de la préfecture de police est une nouvelle "intimidation".

"On nous a fait le coup de la division syndicale, le coup de l'isolement de la CGT. On nous a fait le coup de la désaffection de la jeunesse, le chantage à la croissance, le chantage à l'emploi. On nous a fait le chantage aux inondations, le chantage au terrorisme, le chantage à l'Euro et voilà, c'est la dernière trouvaille", proteste-t-il. 

"On laisse pourrir la manifestation"

L'opération viserait selon lui à discréditer les militants mobilisés contre la loi Travail, alors que le gouvernement de Manuel Valls a réaffirmé sa fermeté sur le texte. "Depuis des semaines, on pratique un amalgame inacceptable entre la CGT et les casseurs", estime Benjamin Amar. Dimanche, Bernard Cazeneuve a accusé des militants CGT d'avoir "pris violemment à partie des forces de l'ordre" lors de la dernière manifestation. Une version que veut préciser Benjamin Amar qui explique que lors de la manifestation, les policiers "harcelés par les casseurs" ont coupé le cortège.

"Ca a frité avec les manifestants qui ne pouvaient pas avancer. Vous avez eu un cordon sanitaire d'un certain nombre de camarades CGT qui ont essayé de venir en aide à des manifestants blessés. Il y a eu une charge de CRS et à ce moment là, il y a eu un affrontement avec les dockers. Mais ça n'a rien à voir avec des gens qui viennent casser", juge-t-il. 

Le responsable syndical tient à assurer que la CGT "n'a pas de problème avec les policiers" mais "avec les ordres qui sont donnés". Pour lui, à de nombreuses reprises, les policiers n'ont pas eu les ordres pour intervenir, "alors qu'ils pourraient le faire". Il estime que le gouvernement "laisse pourrir la manifestation". 

Carole Blanchard