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Violences contre les policiers: "C’est une hécatombe, il faut que ça s’arrête"

A Nantes, 13 personnes ont été interpellées mardi en marge de la manifestation contre la loi Travail.

A Nantes, 13 personnes ont été interpellées mardi en marge de la manifestation contre la loi Travail. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Un policier a été hospitalisé mardi après avoir été violemment agressé à Nantes par des casseurs, en marge d'une manifestation contre la loi Travail. Depuis le début du mouvement, le ministère de l'Intérieur estime que 300 policiers et gendarmes ont été blessés. "Il faut que ça cesse", indiquent les syndicats de policiers qui souhaitent davantage de moyens.

Avec l'agression d'un policier à Nantes mardi, les forces de l'ordre estiment avoir "atteint un summum". Stéphane Léonard, délégué Loire-Atlantique du syndicat USG-Police craint que les violences continuent. Mardi, six personnes se sont attaquées à un policier en marge de la manifestation contre la loi Travail. Après lui avoir retiré son casque, ils lui ont porté des coups de barre de fer à la tête avant qu'il soit secouru par des collègues. 

"On a eu affaire à des casseurs. Ce sont des multiples petits groupes qui viennent juste mettre à sac une ville et en découdre avec les forces de l'ordre, comme on dit vulgairement, se faire du flic. Un jour il y aura un drame, ce sera d'un côté ou de l'autre mais si ça ne cesse pas, on craint le drame", prévient le policier. 

En tout mardi, sept policiers et un gendarme ont été blessés à Nantes. Deux d'entre eux ont dû être hospitalisés dans un état sérieux. Treize personnes ont été interpellées.

Plus de moyens réclamés dans les manifestations

Depuis le début du mouvement contre la loi Travail, le ministère de l'Intérieur a recensé environ 300 policiers et gendarmes blessés. Une situation que ne supporte plus Nicolas Compte, secrétaire général adjoint du syndicat SGP-Police-FO. "C'est une hécatombe, il va falloir que tout ça s'arrête (...) Il y a 300 blessés, maintenant, il faut que ça cesse". Il réclame davantage de moyens pour que les policiers se défendent.

"On se pose la question pourquoi quand on sait qu'il va y avoir des casseurs on interdit dans certains cas l'utilisation du flash-ball, pourquoi on interdit dans certains cas l'utilisation du lance-grenades, des canons à eau alors que ces dispositifs sont destinés à protéger les policiers?", s'interroge-t-il. 

Face à une violence "inédite", Laurent-Franck Liénard, avocat spécialisé dans la défense des forces de l'ordre voit défiler des policiers à bout. "Ce sont des gens qui essayent de maintenir l'ordre, d'assurer la sécurité et la paix publique. Aujourd'hui ils ne tiennent que parce qu'ils croient dans leur institution, parce qu'ils pensent que ce qu'ils font est bien, mais c'est difficile."

Carole Blanchard avec Benoît Ballet et Adrien Godet