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Elections en Turquie: les réfugiés syriens au cœur des débats

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Les Turcs ont voté pour les élections législatives ce dimanche. La question des migrants syriens,  nombreux dans le pays, est au cœur des débats.

Les Turcs votent ce dimanche pour les élections législatives. Un scrutin qui intervient dans une période de crispations. Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan est contesté, ayant perdu, avec son parti, l'AKP, la majorité absolue lors des précédentes élections du 7 juin dernier. C'est donc ce dimanche le deuxième scrutin législatif en moins de 5 mois.

"Pour moi, la priorité numéro 1 est la sécurité", raconte Zehira, une infirmière turque de 40 ans. "J’ai peur des attentats suicides et je ne vais plus dans les centres commerciaux. Le gouvernement doit s’atteler aux problèmes économiques et au chômage. Notre niveau de vie et notre pouvoir d’achat sont très bas et les prix ne cessent d’augmenter. J’espère qu’une coalition l’emportera".

Par ailleurs, la guerre en Syrie déstabilise le pays qui doit faire face à l'arrivée de millions de réfugiés. La Turquie partage 700 kilomètres de frontières avec son voisin, et actuellement plus de 2 millions de réfugiés sont officiellement dans le pays. Mais ils sont sans doute deux fois plus en réalité.

"Je voudrais rentrer vite en Syrie"

Depuis 2011, et le début de la crise syrienne, la Turquie a ouvert grand ses portes aux populations victimes du conflit. La majorité des réfugiés sont livrés à eux-mêmes dans les grandes villes du pays. C’est le cas à Istanbul ou 350.000 Syriens se sont installés.

L'envoyée spéciale sur place de RMC a rencontré certains de ces réfugiés. Certains mendient dans la rue, d’autres survivent grâce à de petits boulots sous-payés: ils travaillent au noir dans des ateliers de confection ou dans le bâtiment. La plupart des enfants ne vont pas à l’école, comme Bassel. "Je vends parfois des mouchoirs sur le marché", explique ce garçon de 11 ans. "Dans ma famille personne ne travaille ici. C’est très dur, je voudrais rentrer vite en Syrie."

De son côté, Rowan était avocat à Damas. Il a fui la capitale syrienne il y a deux ans. Avec de l’argent mis de côté, il a pu louer un appartement et commencer une nouvelle vie à Istanbul.

"Aucun réfugié syrien n’est heureux de sa situation", estime cet homme qui travaille désormais dans une librairie. "Mais la Turquie reste l’endroit le plus accueillant pour nous. Dans le reste du monde arabe, au Liban ou en Jordanie, les Syriens sont mal accueillis".

Accusés de la hausse du chômage

Mais confrontés à la crise économique, de plus en plus de Turcs critiquent la présence de ces réfugiés. Ils sont accusés d’être responsables de la hausse des loyers et du chômage.

"On en voit de plus en plus en plus", déclare Ali, un épicier. "Mon fils, par exemple, a perdu son emploi et c’est un Syrien qui travaille à sa place, car il a accepté un salaire moins élevé. Ce n’est pas normal."

La plupart des réfugies syriens en Turquie affirment qu’ils rentreront chez eux des qu’ils le pourront."

Stéphanie Collié