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Eleveurs en colère: "Ce plan d'urgence est un pansement sur une jambe de bois"

REPORTAGE - Après l'annonce d'un plan d'urgence ce mercredi par Manuel Valls et Stéphane Le Foll, la mobilisation des éleveurs continue dans plusieurs villes. C'est le cas par exemple à Lyon où les principaux accès sont bloqués ce jeudi matin.

Le plan d'urgence du gouvernement divise les agriculteurs. Ce mercredi, Manuel Valls et Stéphane Le Foll ont annoncé avoir débloqué plus de 600 millions d'euros pour venir en aide aux éleveurs en difficulté à cause de la faiblesse des prix. Quelques heures après l'annonce de ce plan, les éleveurs du Calvados, qui avaient lancé les blocages ce week-end, ont décidé de mettre fin à leur mouvement. Mais ce plan d'aide ne satisfait pas les éleveurs de Rhône-Alpes. En effet, depuis mercredi soir les principaux accès à Lyon sont bloqués.

"Cela ne sert à rien"

"Ce plan d'urgence est un pansement sur une jambe de bois. Les gens sont déjà endettés et surendettés, on va leur offrir des prêts mais à quoi ça va servir, estime Xavier, producteur laitier qui a passé la nuit sur l'autoroute A6, au nord de la ville. C'est 600 millions d'euros mais 500 millions avec des prêts. Alors rajouter des prêts sur des prêts, cela ne sert à rien".

Pour Rolland, éleveur de vaches, l'aide débloquée par l'Etat ne sera d'aucune utilité: "C'est une goutte d'eau dans la meule de foin pour ne pas faire grand-chose. Ce qu'ils vont nous donner c'est marginal. Cela va être 2 000 euros par exploitation mais nous ce n'est pas ce qu'on veut". Son collègue, Denis, lui, s'attendait à une meilleure prise en compte de leur situation difficile: "Ce ne sont pas des aides dont on a besoin, on veut juste un vrai revenu".

"S'il faut aller plus loin…"

Il ajoute: "On veut une rémunération quotidienne et non une aide à un moment donné. Dans cinq ans, il y aura une nouvelle crise et on se retrouvera à nouveau dans la rue. Ce n'est pas le but". Avec ce blocage massif des accès lyonnais, Rolland considère soutenir les premiers manifestants du Calvados: "Ils se sont mobilisés trois-quatre jours, c'est déjà très bien. Ils ont un travail, des bêtes à nourrir… Ils ont fait ce qu'ils pouvaient. On prend donc le relais. On est solidaires entre agriculteurs".

Et un seul mot d'ordre est lancé: aller jusqu'au bout. "S'il faut aller plus loin, on sera capables de le faire. Notamment au moment des chassés-croisés des vacances, avertit Sébastien Mazallon, responsable des Jeunes agriculteurs du Rhône. Il faut que le gouvernement prenne à bras le corps le problème des agriculteurs et pas seulement en annonçant des aides". A noter que Xavier Beulin, président la FNSEA, est attendu à Lyon cet après-midi pour soutenir les manifestants.

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin