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"Emprise", "ambiance tendue dans le couple" et agressivité: l'avocat de la famille de Magali Blandin dévoile l'intimité du couple

Disparition "inquiétante" de Magali, une mère de famille bretonne: quelles sont les pistes des enquêteurs?

Disparition "inquiétante" de Magali, une mère de famille bretonne: quelles sont les pistes des enquêteurs? - RMC

Magali Blandin avait fait état "d'inquiétudes diffuses quant à l'agressivité dont pourrait faire preuve Jérôme Gaillard", selon Me William Pineau.

Comment la situation a-t-elle pu aboutir à un meurtre? Jérôme Gaillard est un homme qui a "froidement, longuement et méticuleusement organisé l'exécution de sa femme", a déclaré mardi l'avocat de la famille de Magali Blandin, cette mère de quatre enfants dont le corps a été retrouvé samedi après les aveux de son mari. Concernant les critiques sur le classement de la plainte de Magali Blandin pour violences conjugales au lendemain de son dépôt, Me William Pineau a estimé que la quadragénaire avait été "victime à bien des égards" et "sous bien des aspects" de ces violences.

Ce serait "trop simple de réduire le sujet à cela", a-t-il toutefois nuancé, en rappelant que le parquet de Rennes n'était "pas suspect de mollesse" en matière de politique pénale relative aux violences conjugales. "Mes clients ne se plaignent pas de cette décision", a-t-il indiqué.

"Les violences conjugales sont un phénomène trop grave pour qu'on tente d'y apporter une réponse en l'illustrant mal. Jérôme Gaillard n'est pas un homme violent qui pour la x-ième fois a porté des coups qui cette fois auraient été trop forts et auraient causé une mort qu'il n'a pas souhaitée. Il est un homme qui a froidement, longuement et méticuleusement, organisé l'exécution de sa femme", a-t-il expliqué.

Même "en imaginant le pire..."

"Je ne suis pas certain que si la réponse pénale à ces violences physiques et psychologiques avait été différente, on aurait évité un tel drame qui me paraît procéder d'une résolution individuelle personnelle réfléchie de son meurtrier et pas malheureusement d'un enchaînement fatal de violences habituelles", a-t-il ajouté. Selon l'avocat, la famille avait eu "récemment" la confidence de ce que l'ambiance au sein du couple s'était "terriblement tendue depuis que Magali Blandin avait manifesté des volontés d'indépendance".

Magali Blandin avait fait état "d'inquiétudes diffuses quant à l'agressivité dont pourrait faire preuve Jérôme Gaillard". Elle avait aussi évoqué "l'emprise" dont elle était victime et avait déclaré à sa famille. "Si jamais je devais y retourner (au domicile familial, ndlr), venez me chercher". Mais même "en imaginant le pire du potentiel inquiétant l'homme, personne n'aurait pu imaginer qu'il pouvait aller jusque-là", a souligné Me Pineau.

Concernant le fait qu'elle aurait pu elle-même se montrer violente envers son mari, comme l'a évoqué le procureur en reprenant les déclarations de la quadragénaire, l'avocat a estimé que "l'intimité d'un couple est toujours extrêmement compliquée".

"Lorsque l'on reçoit de l'agressivité, on peut se laisser aller à en donner en retour. Si elle a pu réagir vivement à ce qu'on lui faisait subir, qu'il s'agisse d'injures, de dénigrement ou de violences physiques, j'aurais volonté plaidé son dossier", a-t-il ajouté.

Jérôme Gaillard a été mis en examen samedi pour "tentative de meurtre par conjoint" pour un premier projet criminel ourdi fin 2020 et pour "meurtre par conjoint". Ses parents, âgés de 72 et 75 ans, ont été mis en examen pour "complicité de tentative de meurtre par conjoint" et "complicité de meurtre par conjoint". Tous ont été placés en détention provisoire. Selon le parquet, un "complot criminel" visant à éliminer la mère de famille s'est amorcé dès novembre 2020 entre le mari et des relations géorgiennes, à qui il a versé 20.000 euros pour exécuter son épouse. Selon Me Pineau, Mme Blandin n'avait pas évoqué de menaces de la part de tiers à ses proches.

"Magali Blandin était très proche de sa famille. C'était une femme ouverte, joyeuse, sympathique, extraordinairement ordinaire avec des relations parfaitement normales", a décrit Me Pineau, précisant que ses clients "centrés sur leur douleur" réclament aujourd'hui "la sérénité nécessaire au deuil".