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"En France, nous sommes soumis à une forte pression", témoigne un élu issu de la diversité

La mairie d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

La mairie d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. - Capture Google Street View

TÉMOIGNAGES - Alors que Londres pourrait élire à sa tête un maire issu de la diversité, en France, nous sommes loin de cette exemple en matière de diversité en politique. RMC s'est rendue à Aubervilliers, pour tendre son micro à ces élus issus de la diversité.

Les bureaux de vote londoniens ont fermé à 23 heures, ce jeudi soir. Qui va remplacer Boris Johnson à la mairie de Londres? Réponse dans quelques heures. Le visage de l'heureux élu devrait se dessiner vers la mi-journée. Les plus de cinq millions de Londoniens qui ont voté pourraient bien couronner le candidat travailliste Sadiq Khan, un musulman fils d'un chauffeur de bus pakistanais, parfaite incarnation du cosmopolitisme de la capitale britannique.

Qui va remplacer Boris Johnson à la mairie de Londres? Réponse dans quelques heures. Le visage de l'heureux élu devrait se dessiner vers la mi-journée. Les plus de cinq millions de Londoniens qui ont voté jeudi pourraient bien couronner le candidat travailliste Sadiq Khan, un musulman fils d'un chauffeur de bus pakistanais, parfaite incarnation du cosmopolitisme de la capitale britannique.

"On a peur d'être pointé du doigt"

En France, nous sommes encore loin de l'exemple de Londres. Et nous ne confions que très peu de responsabilités politiques aux personnes issues de la diversité. Seules quatre villes de plus de 30.000 habitants sur 260 sont dirigées par des maires issus de la diversité.

Pour ces hommes et ces femmes, se lancer dans une carrière politique est un parcours semé d'obstacles. RMC s'est rendue à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour tendre son micro à ces élus issus de la diversité. Et a rencontré un homme qui a réussi. Il y a deux ans, Fathi Tlili est élu conseiller municipal de la ville d'Aubervilliers. Mais il a vite compris qu'il ne serait jamais un adjoint comme les autres.

"On a toujours cette peur d'être pointé du doigt, comme quoi on ne représenterait que notre communauté", explique-t-il. "On a l'impression qu'on nous demande à nous, élus issus des minorités, de faire attention à ce qu'on dit. De faire presque de l'autocensure. Nous sommes soumis à une pression, plus que d'autres".

"Quand tout va bien, on peut parler diversité. Quand tout va mal..."

Une forte pression une fois en poste, mais surtout d'énormes difficultés à accéder aux responsabilités. En France, seules quatre villes de plus de 30.000 habitants sont aux mains d'un maire issu de la diversité. Un constat qui désespère Kamel Hamza, président de l'association des élus pour la diversité.

"On en est à se poser les mêmes questions depuis trente ans", regrette-t-il. "Un jour, on nous dit intégration, après on nous dit assimilation. C'est en fonction des situations économiques. Quand tout va bien, on peut parler de diversité. Quand tout va mal, c'est 'cachez vous, on ne veut plus vous voir parce que vous allez faire monter le Front national'".

En tout en France, ceux qu'on appelle les minorités visibles ne représentent toujours que 7% du total des élus et sont souvent cantonnés au second rôle.

C. P. avec Marie Regnier