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Enfant né d'un adultère: "Je ne réclamerai rien du tout, pour moi, c'est mon fils"

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En Allemagne, un projet de loi pourrait forcer les femmes à dévoiler l'identité de leurs amants dans le cas d'une contestation de paternité. L'idée du gouvernement allemand: offrir plus de droits et de moyens de recours légaux aux "faux pères".

Matthieu est le papa d'un petit garçon de 3 ans. Cet été, il a découvert qu'il n'était pas le père de son fils: "Je ne me suis pas dit dès le début que ce n'était pas mon fils mais j'étais angoissé. Par la suite, je me suis posé la question, et j'ai fait un test. Ça fait un choc. Dans la vie de tous les jours, je n'ai pas envie que ça change. Je le considère comme mon fils même si ce n'est pas le mien".

Alors que pense-t-il du projet de loi allemand qui pourrait forcer les femmes à révéler l'identité de leurs amants dans le cas d'une contestation de paternité? "A partir du moment où l'on considère que c'est notre fils, il n'y a pas de raison de demander au géniteur de rembourser les frais. Je ne réclamerai rien du tout, pour moi, c'est mon fils", affirme-t-il.

Car l'idée du gouvernement allemand c'est d'offrir plus de droits et de moyens de recours légaux aux "faux pères" notamment dans le cadre des pensions alimentaires. Dans un deuxième temps les époux trompés pourront exiger un remboursement des frais d'entretien de l'enfant auprès du géniteur.

"Des problèmes éthiques et moraux"

Pour Franck Mejean, avocat spécialiste du droit de la famille, cette mesure est dommageable pour toute la famille: "Obliger la femme à donner le nom du géniteur va poser des problèmes éthiques et moraux. A l'arrivée qu'est-ce que le père qui s'est cru père biologique va en tirer? Il connaîtra le nom de celui qui a couché avec sa femme. Les hommes de qualité vont demander à ce qu'on leur rembourse deux ans d'entretien de l'enfant qu'ils ont élevé comme leur propre enfant? Je n'y crois pas. Je trouverais lamentable d'aller faire une action en demandant à ce que le tribunal condamne le père biologique à rembourser des frais d'entretien de l'enfant".

La revue scientifique britannique The Lancet publiait en 2009 qu’1 enfant sur 30 n’aurait pas pour père génétique l’homme que la société lui donne pour père juridique par déclaration ou par présomption.