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Entendu à 8 ans pour apologie du terrorisme: "Ses parents vont déposer plainte contre l'école"

Un enfant de 8 ans a été entendu mercredi pendant 30 minutes dans un commissariat de Nice, car, suite aux attentats qui ont touché la France, il aurait proféré dans l'enceinte de son école primaire : "Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes." Ce jeudi, sur RMC, Me Sefen Guez-Guez, son avocat, est revenu sur cette affaire.

Agé de seulement 8 ans, Ahmed a été entendu ce mercredi après-midi par la police pour l'infraction d'apologie du terrorisme. Invité par son instituteur à s'exprimer sur les attentats de Paris, cet élève de CE2 aurait tenu des propos de "solidarité" avec les terroristes qui ont attaqué Charlie Hebdo. Il aurait déclaré: "Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes". L'enfant aurait également refusé d'observer une minute de silence et de participer à une ronde de solidarité dans son école au lendemain de la tuerie.

Joint par RMC, son avocat Me Sefen Guez-Guez conteste ce dernier point. "Après avoir été puni, Ahmed a été prié de s'excuser auprès de trois classes et dire qu'il n'avait pas à prendre cette position-là. Ensuite, on lui a interdit de participer à la minute de silence. Il le dit très clairement: 'Le directeur m'a tenu par la main et ne m'a pas laissé la faire'. Puis onze jours plus tard une plainte est déposée pour apologie d'acte de terrorisme contre cet enfant".

"C'est l'école qui lui a refusé la minute de silence"

Si la police nie une telle plainte et parle d'un simple signalement auprès des services de l'enfance, Me Sefen Guez-Guez assure pour sa part "avoir signé le procès-verbal d'audition sur lequel il est indiqué Ahmed, 8 ans, poursuivi d'acte d'apologie de terrorisme pour avoir déclaré 'Je suis avec les terroristes'. Donc si la police dit que c'est faux, elle n'a qu'à apporter ce procès-verbal que j'ai signé avec elle hier après-midi". Et de s'emporter: "C'est quand même assez dingue qu'aujourd'hui l'administration dise que ce n'est pas le cas alors que j'ai signé ce papier !"

L'avocat rappelle "que ce n'est absolument pas la place d'un enfant de 8 ans de se retrouver au commissariat". Il estime aussi que "cette affaire illustre l'état de crispation dans lequel on vit aujourd'hui en France". Selon lui, "le plus inquiétant dans cette affaire, c'est qu'une école n'ait pas eu d'autre réponse éducative qu'une plainte judiciaire". Me Guez-Guez tient aussi à préciser que "les parent ont joué un rôle positif et pédagogique auprès de l'enfant en lui expliquant qu'il n'avait pas à prendre position pour le terrorisme d'autant plus qu'eux-mêmes condamnent les attentats contre Charlie Hebdo".

"Il est harcelé"

Alors que le directeur de l'école a déposé une plainte pour "intrusion" contre le père du petit Ahmed, dans Bourdin Direct, l'avocat avance une explication: "Le petit subit de la part de l'établissement un véritable harcèlement. Il a par exemple raconté hier cette scène ubuesque aux policiers où le directeur, alors qu'il jouait dans le bac à sable, lui a dit 'd'arrêter de creuser dans le sable, tu ne trouveras pas de mitraillette pour tous nous tuer'".

C'est notamment la raison pour laquelle "la famille va déposer plainte contre l'administration de l'école pour les sévices qu'auraient subi Ahmed et qu'il décrit depuis le 9 janvier". De quels "sévices" parle-t-on ? "Il est harcelé. Les enfants l'appellent Ahmed le terroriste, il s'isole dans les toilettes. C'est une situation traumatisante pour lui". A tel point ce jeudi il n'ira pas à l'école.


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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin