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Epizootie de fièvre catarrhale ovine: "Il va encore falloir aller taper à la porte du banquier"

Une vache laitière atteinte de la fièvre catarrhale ovine

Une vache laitière atteinte de la fièvre catarrhale ovine - FREDERICK FLORIN / AFP

REPORTAGE - Il n'y aura pas de vaches cette année au Sommet de l'Elevage qui débute ce mardi à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). En cause: la fièvre catarrhale ovine qui a été décelée sur un mouton dans l'Allier le mois dernier et qui depuis s'est étendue à 5 départements du centre de la France. Une absence qui a des conséquences économiques pour les éleveurs…

Les difficultés s'accumulent pour les agriculteurs français. La dernière en date étant l'absence de vaches à l'un des plus importants salons d'agriculture d'Europe: le Sommet de l'Elevage qui débute ce mercredi à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). La raison? La fièvre catarrhale ovine qui a été décelée sur un mouton dans l'Allier le mois dernier et qui depuis s'est étendue à cinq départements du centre de la France.

Une absence aux lourdes conséquences économiques pour les éleveurs qui ne peuvent pas vendre et exporter leurs bêtes. Ainsi, dans sa ferme de Celles-sur-Durolle (Puy-de-Dôme), François Déchelette commence à manquer de place: "Sur les 18 mâles, 12 étaient bons à vendre et qui sont toujours chez moi. Ils partiront début novembre". Et cela a donc un coût: "Il faut nourrir les animaux tous les jours, ce qui représente près de 2,45 euros par jour, multiplié par au minimum 60 jours. Sachant que les broutards lourds devaient être vendus 1.000 euros/pièce…"

"Des exploitations en péril"

Et d'en conclure, dépité: "Cela va coincer. Il va encore falloir aller taper à la porte du banquier". "Nourrir les bêtes et les garder à forcément un coût, confirme Rémy Chazalet, éleveur de vaches et de moutons à Celles-sur-Durolle. Et en plus, on les nourrit avec de la nourriture avec des stocks déjà un peu faibles, vu que l'année a été un peu compliquée. En attendant, il va falloir faire avec la trésorerie qui a et qui va continuer de se creuser".

Si la campagne de vaccination pour soigner les animaux a débuté, la fièvre catarrhale ovine pourrait tout de même mettre à mal certains éleveurs comme l'indique Denis Guérin, de la FDSEA du Puy-de-Dôme. "On a commencé par avoir une crise économique à laquelle s'est ajoutée la sécheresse. Aujourd'hui, on se retrouve donc avec des éleveurs qui ont des problèmes de trésorerie donc effectivement cela met les exploitations encore plus en péril qu'elles ne l'étaient". C'est pourquoi les syndicats agricoles réclament des aides financières pour aider les exploitants impactés.

Maxime Ricard avec Gwenaël Windrestin