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Et si les câlins étaient remboursés par la sécu? "plus on est câliné, moins on a de rhume"

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Le 21 janvier, c’est traditionnellement la journée mondiale du câlin.  Vous détestez qu’un inconnu vous prenne dans ses bras ? Vous avez tort: selon Céline Rivière, psychologue auteure « La Calinothérapie », selon vous permettrait d’améliorer vos défenses immunitaires.

Céline Rivière, psychologue, auteure du livre « La Calinothérapie » (éditions Michalon)

"Faire des câlins, surtout en ce moment, c’est utile et c’est bon pour la santé. Il fait très froid, les gens sont plutôt d’humeur morose. Donc tout ce qui peut faire du bien, tout ce qui peut réactiver nos bonnes hormones c’est souhaitable. Et c’est le cas quand on fait un câlin. Il y a une libération d’ocytocine, c’est-à-dire l’hormone du bien-être, celle qui provoque l’attachement. Elle se libère aussi quand on fait de la méditation, quand on prend un bain de soleil, quand on est totalement relaxé. C’est l’hormone totalement opposée du cortisol, qui est l’hormone du stress.

"Ce n’est pas un remède miracle"

Evidemment, ça ne marche pas quand on n’a pas envie. Ce n’est pas un remède miracle. Mais il y a des façons de rééduquer le câlin. Le câlin, c’est un touché bienveillant. Si on le fait avec un animal avec lequel on se sent en sécurité, on va être en mesure de rééduquer son câlin. Mais ça peut marcher aussi quand c’est avec un inconnu. Par exemple quand il y a de grosses catastrophes, ou des attentats, de façon spontanée et naturelle les gens se prennent dans les bras les uns des autres, parce qu’ils sentent qu’on a besoin de se relier, d’être en communion.

Le mieux c’est d’en faire tous les jours. Et en général quand on a des gens qui nous aiment et qu’on aime, souvent c’est très fréquent. Par contre plus on s’isole et moins c’est facile d’avoir sa ration de câlins. Alors la journée du câlin c’est bien parce que ça rappelle aux gens que c’est important, et qu’on doit tous se relier et être en harmonie.

"Plus les bébés ont de câlins, plus ça impacte leur prise de poids"

Et si le câlin était remboursé par la sécu? Non vous n’exagérez pas! Il y a pleins d’études qui ont été faites et qui ont montré que plus on est câliné, moins on a de rhume. Ça joue sur le système immunitaire, et même dans le cas de maladies importantes, cela favorise l’ouverture, l’envie de se sentir mieux. Ça a un vrai impact sur la santé. D’ailleurs on le voit chez les bébés: plus ils ont de câlins, plus ça impacte leur prise de poids et ça joue sur un développement harmonieux.

Quand on fait un câlin, on ne peut pas se tromper à partir du moment où on le fait dans la bienveillance. Il n’y a pas de façon maladroite de faire un câlin. Souvent, c’est parce qu’on croit qu’on va être maladroit qu’on évite d’en faire. Les gens sentent qu’ils n’en ont pas assez. D’ailleurs, quand on est enfant, tout petit, on a beaucoup. On en fait très spontanément aux enfants, beaucoup moins aux adultes qui nous entourent. Et c’est dommage, parce qu’il y une vraie envie, et plus que ça, un vrai besoin. Et on se sent beaucoup mieux quand on a quelqu’un à qui faire des câlins. Ce dont on a besoin enfant, on en a souvent besoin adulte".

Propos recueillis par Antoine Maes