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Etat d'urgence: "Il faut une prise de conscience", plaide un opposant

Entre le 14 novembre 2015 et le 7 janvier 2016, 3.021 perquisitions ont été permises sans le contrôle d’un juge.

Entre le 14 novembre 2015 et le 7 janvier 2016, 3.021 perquisitions ont été permises sans le contrôle d’un juge. - Philippe Huguen – AFP

REPORTAGE - Plus de 150 personnes se sont réunies ce samedi pour échanger et dénoncer les dérives l'état d'urgence, censé donner plus de pouvoir à la police pour prévenir les risques terroristes après les attentats du 13 novembre, à Paris.

"Stop à l'état d'urgence!" C'est le cri d'alarme de nombreux citoyens, rassemblés ce samedi autour d'un "Banquet contre l'état d'urgence", sur le parvis du métro Ménilmontant, dans l'Est de Paris. Plus de 150 personnes se sont réunies pour échanger et dénoncer les dérives de cette mesure d'exception, censée donner plus de pouvoir à la police pour prévenir les risques terroristes après les attentats du 13 novembre, à Paris.

Entre le 14 novembre - date de l'instauration de l'état d'urgence - et le 7 janvier, 3.021 perquisitions ont été permises sans le contrôle d’un juge. Selon le parquet de Paris, qui centralise les dossiers pour les crimes et délits terroristes, seulement quatre procédures issues de ces mesures sont entre les mains de la section antiterroriste.

Perquisitions "sur la base de fantasmes" 

Après plus de deux mois d'état d'urgence, ces citoyens engagés espèrent qu'il ne sera pas à nouveau prolongé. Au micro, Cédric traduit la colère d'une partie des Français.

"Désormais, c'est uniquement sur la base de leur surveillance et de leurs fantasmes, que des milliers de personnes font l'objet de perquisitions administratives, sur des motifs futiles", s'époumone-t-il face à la foule.

En novembre dernier, ce jeune militant a été assigné à résidence pendant trois semaines après avoir participé à une manifestation interdite.

"On doit faire confiance à la police, alors que tous les jours, on a des preuves qu'elle s'assoit sur nous. Et là aujourd'hui, on atteint nos limites avec l'état d'urgence", estime-t-il. 

Plus de mobilisations, promettent les opposants

Il est donc nécessaire d'alerter les Français, comme l'explique Florian, militant de l'organisation altermondialiste Attac.

"L'Etat qui fait passer les mesures sur l'état d'urgence, qui fait passer des lois pour renforcer les moyens de la police au détriment du judiciaire, etc. Tout cela se passe quand même en ce moment. Donc je pense qu'il y a quand même une prise de conscience à avoir autour de tout cela".

Les collectifs à l'origine de ce banquet de protestation ont déjà prévu de multiplier les mobilisations dans les prochaines semaines pour renforcer la pression citoyenne sur le gouvernement.

C. P. avec Benoit Ballet