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"Etat-nation du peuple juif": pourquoi la nouvelle loi adoptée par le parlement israélien fait polémique

"Etat-nation du peuple juif": pourquoi la nouvelle loi adoptée par le parlement Israélien fait polémique

"Etat-nation du peuple juif": pourquoi la nouvelle loi adoptée par le parlement Israélien fait polémique - RMC

Le Parlement d'Israël a adopté jeudi une loi définissant le pays comme "l'Etat-nation du peuple juif", un texte polémique qui suscite des accusations de "racisme" envers la minorité arabe, en dépit de l'amendement d'un article controversé.

Certains font le rapprochement avec l'apartheid, en Afrique du Sud. Le Parlement israélien vient d'adopter une loi très controversée qui définit le pays comme "l'Etat-nation du peuple juif".

C'est un tournant pour Israël: ce texte, qui a une valeur de loi fondamentale, défini Israël comme le foyer national du peuple juif, ce qui a des conséquences très concrètes. Par exemple, l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël, alors que, jusqu'ici, l'hébreu et l'arabe coexistaient. 

Cette loi considère désormais que les communautés juives relèvent de l'intérêt national et que l'Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt.

20% des habitants d'Israël discriminés

La déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël en 1948 proclamait "une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens". Ce n'est plus le cas, selon les opposants au texte, qui estiment qu'il met encore plus à l'écart la population arabe, qui représente 20% des habitants d'Israël et qui est déjà discriminée... 

Le vote de la loi a donné lieu à des scènes très tendues à la Knesset, des députés s'écharpant dans l'hémicycle, d'autres parlent de ségrégation ou encore de racisme. 

L'Europe "préoccupée"

L'Union européenne s'est dite "préoccupée" par cette loi qui risque, selon elle, de "compliquer" la solution à deux Etats pour régler le conflit israélo-palestinien.

La Ligue arabe a jugé que cette loi "dangereuse" consolidait des "pratiques racistes". La Turquie a estimé qu'elle "foulait aux pieds" le droit international et les droits des Arabes israéliens. La Jordanie, liée à Israël par un traité de paix, a également vivement dénoncé "une loi qui consacre la discrimination raciale", "éloigne les perspectives de paix" et ""encourage l'extrémisme et la violence".